La maire de Paris, invitée du Grand Jury RTL-LCI-le Figaro, a piqué une «saine colère» qui pourrait l’aider à remonter la pente à gauche si la viralité de cette intervention fonctionne.

«Le réveil dans six mois, ça va être trop tard»

Agacée – à juste titre – d’être interrogée une fois de plus sur le fait de savoir si elle serait d’accord pour «débattre» des questions d’immigration avec un pas-encore-candidat condamné pour provocation à la haine raciale, Hidalgo a répondu avec ses tripes, celle d’une fille de réfugiée espagnole qui a fui une dictature d’extrême droite : «Eric Zemmour occupe l’espace médiatique, politique, et d’une façon d’ailleurs éhontée. […] Il faudrait quand même que tout le monde se réveille ! Le réveil dans six mois, ça va être trop tard.» Pour elle, «débattre avec M. Zemmour, ça ne veut rien dire» : «M. Zemmour ne débat pas, a-t-elle poursuivi. M. Zemmour assène des contre-vérités, assène des messages de haine, des messages racistes, des messages antisémites.» Et la maire de Paris de regretter l’absence de manifestations lorsque le polémiste d’extrême droite «explique que le général De Gaulle et Pétain, c’est la même chose parce que Pétain a été un sauveur des Juifs dans notre pays».

«Vous croyez que c’est un pays qui va bien ? Quand on en est là, à considérer que tout peut être dit ? s’est-elle insurgée. Moi, je ne débats pas avec un négationniste. Je ne débats pas avec un raciste et je ne débats pas avec cette personne-là qui est en train de bafouer et de marcher complètement, de piétiner ce qu’est l’histoire de notre pays et ce qui est sa grandeur et ce que sont ses valeurs. Alors un débat avec Zemmour, pour d’autres si vous voulez, mais pas pour moi. Ce que je veux, c’est un débat avec la population. […] Ce qui est en train de se passer autour d’Eric Zemmour est dangereux d’abord pour notre démocratie !»

/Zemmour peut-il être élu président de la République ? «Evidemment, si on continue à lui laisser open bar sur des médias en racontant n’importe quoi, a répondu Hidalgo. J’en appelle à ce que cette élection présidentielle soit une vraie élection présidentielle avec un vrai débat […] et pas un débat que cette candidature d’un guignol.»