La Rose dans la vallée

09 août 2018

Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et so8n gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

Comme si la grande tâche de l’heure n’était pas le bouleversement climatique en cours et de se lancer dans des réformes fondamentales. Par exemple, pour inverser nos émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent d’augmenter ; ou encore pour reculer drastiquement le fameux «jour du dépassement» tristement fêté le 1er août pour la planète, mais bien silencieusement en France le 5 mai, jour d’épuisement de notre biocapacité annuelle.

On entend les climatologues qui poussent (des cris d’urgence), mais les économistes continuent de tomber dans leur discrédit, qui se mesure par exemple au millimètre linéaire de leur rayon dans les librairies. Et ce n’est pas surprenant. L’inflation, par exemple ? Tant mieux, en réalité, si les prix montent. Les Français ne sont pas des imbéciles. Ils répondent comme tout le monde à des incitations comme les prix ou à des réglementations. Ce qui est vrai pour le tabac est tout aussi vrai pour les émissions de CO2. De même pour l’alimentation aux prix maintenus artificiellement très bas, comme pour la viande ou le lait, grâce à des méthodes de production de plus en plus intensives fondées sur une agrochimie destructrice rendue possible grâce à un système de puissants lobbys.

Ce dernier n’hésite pas à jouer du chantage sur la faim dans le monde pour exporter les trois quarts de la production française alors que cela tue les agricultures des pays en développement. En particulier en Afrique, où l’exode rural s’accélère, premier facteur de migration bien avant les guerres. Ce qui nous ramène au commerce international, dont le libre-échange le plus intégral serait censé apporter des gains de pouvoir d’achat alors que c’est un vaste système de dumping environnemental et social où les prix ne reflètent surtout pas la rareté des ressources de la planète. Tout particulièrement parce que les lobbys du transport maritime et aérien ont discrètement réussi à sortir de l’accord de Paris et ne supportent aucune contrainte sur leurs énormes émissions de CO2 ou leur pollution bien connue, qui n’ont rien à envier à la Chine en bilan total.

A de rares exceptions près, les économistes des pays riches sont toujours obsédés par le paradigme du progrès linéaire et quantitatif. Leur véritable traumatisme ces derniers mois a été le débat lancé par l’ancien secrétaire d’Etat au Trésor américain Lawrence Summers sur la stagnation séculaire de la productivité et donc de la croissance, près d’un million d’occurrences sur la Toile. Or, de l’avis de tous les climatologues, seule une division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre permettrait au mieux d’éviter la catastrophe. Et ne nous faisons pas d’illusions. Son impact sur le vaudou du taux de croissance ne peut être que négatif en effet. Le concept de décroissance - pourtant dû à un grand économiste mathématicien, Nicholas Georgescu-Roegen - n’a toujours pas droit de cité dans les manuels d’économie, et très rares sont les travaux de recherche entrepris pour en comprendre les mécanismes et la mise en œuvre.

La quatrième révolution industrielle en cours n’est vue par les économistes standards qu’au travers des points de croissance supplémentaires qu’elle pourrait apporter pour compenser le risque de stagnation séculaire. Elle devrait être, au contraire, un formidable atout pour gérer la décroissance d’une façon intelligente, et notamment inclusive sur le plan social tant l’explosion des inégalités ces dernières années a un lien étroit avec celle des risques sur la planète. C’est ce que vient de montrer une étude passionnante sur le tourisme de masse à l’échelle mondiale qui ne fait que reproduire le mode de vie des élites. Les inégalités de prélèvement des ressources de la planète sont aujourd’hui de l’ordre de ce qu’elles étaient sous l’Ancien Régime.

Et ici, les économistes savent bien que le seul système d’incitation par les prix pèche en termes d’équité et qu’il n’est d’ailleurs pas toujours le plus efficace en présence de déficiences de marché. Il leur faut donc imaginer des systèmes de taxation, de quotas, de réglementation et surtout de réformes de structures qui permettraient d’atteindre le Facteur 4 d’ici à 2030, c’est-à-dire demain.

Ce qui compte in fine n’est pas le PIB ou le revenu national brut, mais bien le revenu net, notamment de tous les dégâts du soi-disant «progrès», surtout ceux à venir qui constituent une dette vis-à-vis de nos enfants. C’est une révolution conceptuelle pour les économistes. Ils ont commencé leur mutation avec ce fameux rapport commandé à l’ère Sarkozy sous la direction des Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen (Richesse des nations et bien-être des individus, Odile Jacob, 2010). Mais ils n’ont toujours pas concrètement franchi le Rubicon dans leurs conseils aux dirigeants. D’où leur silence caniculaire cet été.

Or, les prédictions d’un autre scientifique (Safa Motesharrei) publiées dans un papier remarqué de 2014 (1) mentionnent la probabilité très sérieuse d’un effondrement de notre civilisation lié aux inégalités et à la surexploitation des ressources. Elles rejoignent celles des climatologues et des scientifiques de la nature qui envisagent de plus en plus sérieusement une rupture systémique brutale des grands équilibres de la planète et le scénario graduel très diplomatique de l’accord de Paris. Les économistes connaissent pourtant ce type de phénomène. C’est celui des hyperinflations comme dans l’Allemagne des années 30 ou au Venezuela aujourd’hui. C’est celui des crises financières. Ils savent que pour les arrêter, il faut une réaction radicale des autorités monétaires. Cette fois, la réaction doit être aussi radicale mais dans tous les domaines de la relation entre les ressources de la planète et nos systèmes de production et de consommation. La France a besoin de bien autre chose qu’un plan canicule et les économistes doivent se mobiliser pour en dessiner les contours. Voilà une vraie grande réforme pour la rentrée.

(1) Safa Motesharrei, Jorge Rivas, Eugenia Kalnay : «Methodological and Ideological Options Human and nature dynamics (Handy) : Modeling inequality and use ofresources in the collapse or sustainability of societies», Ecological Economics 101 (2014), pp. 90-102.

Posté par PS95600 à 15:10 - Permalien [#]

02 août 2018

«Jour du dépassement» : le gouvernement parle sans agir

 

 Coralie Schaub

Chaque année, nous découvrons avec ­effroi que nous épuisons toujours plus vite les ressources offertes par la planète. ­Chaque année, survient de plus en plus tôt le «jour du dépassement», soit la date ­à laquelle l’humanité commence à vivre à crédit après avoir consommé plus d’arbres, d’eau, de sols ou de poissons que ce que la nature peut renouveler en un an et émis plus de carbone que les océans et forêts peuvent absorber (lire notre infographie sur Libé.fr). En 1971, ce seuil calculé par l’ONG Global Footprint Network était atteint le 24 décembre. En 1980, le 4 novembre. En 2000, le 23 septembre. En 2010, le 9 août. En 2017, le 3 août. Cette année, le 1er août. Et l’an prochain, sans doute en juillet. En 2020 ? L’auteure de ces lignes est prête à se faire appeler Arthur si ce n’est pas plus tôt encore. Car si la prise de ­conscience progresse, nous n’agissons pas à la hauteur du défi, immense. Nicolas Hulot a raison de rappeler, dans une vidéo postée mercredi sur Twitter, que nous avons basculé dans une nouvelle ère climatique, que les fléaux inédits s’en­chaînent : feux de forêt en Suède, canicule au Japon, «record absolu vendredi à Lille, avec 38,6° C».

Il fait bien d’avertir que «tout cela risque d’être une sinistre bande-annonce d’un film catastrophe que nous ­regardons en spectateurs informés». Le ministre de la Transition écologique appelle à l’engagement de chacun. Ce qui revient, pour vous et moi, à éviter l’avion, ne pas gaspiller la nourriture, manger moins de viande, s’abstenir de se jeter sur le dernier IPhone... C'est vrai. C’est important. Mais les autorités ne peuvent se défausser sur la bonne volonté des individus et des entreprises. Cela ne suffira pas à enrayer cette funeste glissade vers l’effondrement imminent de notre civilisation ­redouté par Edouard Philippe. S’il a cité plusieurs fois ce risque ces derniers temps, le Premier ministre ne semble pas en avoir compris la portée et surtout tiré les conséquences. Hulot pointe à juste titre la responsabilité de notre modèle de développement dans le chaos climatique et l’érosion de la biodiversité. Mais «en même temps», l’exécutif ne prend pas de mesures courageuses pour radicalement changer de système, sortir de l’ultraproductivisme mortifère. Il se contente de mesurettes cosmétiques. Pire, il multiplie les incohérences, voire les régressions. Selon des projections officielles, la France dépassera jusqu’en 2023 le plafond d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle s’est fixée, entre autres à cause du retard dans la rénovation thermique des logements. Hulot, qui s’était ému de la chute de la population des oiseaux des champs, pourrait autoriser le piégeage de 370 000 alouettes (3,5 fois plus qu’en 2017), s’inquiète la ­Ligue de protection des oiseaux -même si le ministère assure que «rien n'est décidé» et qu'une concertation est en cours-. L'ONG s’insurge aussi du refus par Paris de la proposition de Bruxelles de suspendre la chasse à la tourterelle des bois, autre espèce menacée qui a perdu 80% de sa population en trente ans. Et ce ne sont là que quelques exemples, parmi les plus

récents...

Posté par PS95600 à 11:35 - Permalien [#]

19 juillet 2018

Résister à Donald Trump” : lettre ouverte à Emmanuel Macron

Monsieur le Président, Il y a un an, à l’occasion de la célébration du 14 juillet, vous receviez Donald Trump sur les Champs-Elysées.

Suivant l’inspiration du Général de Gaulle, puis celle de François Mitterrand, vous avez annoncé voici 12 mois vouloir consacrer votre mandat au rétablissement de notre souveraineté. Ce qui, en matière de politique étrangère, signifiait de rendre à la France sa vocation, celle de défendre partout des intérêts qui la dépassent, ceux de la paix, du développement comme du respect du droit des peuples.
En recevant les présidents de Russie et des États Unis, puis par votre engagement au service des accords de Paris, vous avez laissé espérer alors à tous ceux qui aiment la France et veulent croire en son influence, une réorientation bienvenue de notre politique extérieure. Enfin, en répondant aux exigences économiques et sociales de la Commission européenne, vous avez voulu parier sur la possibilité d’une configuration nouvelle et sur la réconciliation des peuples du vieux continent avec un grand projet européen.

Douze mois plus tard, où en sommes-nous ?
Force est de constater que vos promesses ont fait long feu.

Non seulement la relance de l’Europe est encalminée, mais l’inertie allemande n’a jamais été aussi forte. Alors que vous prétendiez obtenir de Berlin une vraie réforme de la zone euro en contrepartie de la rigueur budgétaire qui fragilise notre cohésion sociale et territoriale, la chancelière obnubilée par le dossier des réfugiés, n’a consenti que du bout des doigts à un budget de la zone euro sans que rien ne soit décidé de ce qui l’alimentera, et à quelle hauteur. Si l’on peut du coup vous reconnaître de la ténacité sur ce dossier, comment ne pas voir que votre stratégie n’a produit aucun résultat tangible, laissant l’Union dans l’état déplorable et dangereux que vous diagnostiquiez voici un an ?

En 12 mois, la situation n’a donc fait qu’empirer ! Au risque d’affaiblir notre pays.

Mais que penser des autres grands dossiers internationaux dont vous vous êtes saisis avec une détermination qui pouvait laisser croire que vous saviez ce que vous faisiez, et où vous conduisiez le pays ?
Était-il utile de mimer une familière complicité avec le Président Trump, pour n’obtenir de lui au final que mépris et rebuffades ?
Rien sur l’accord de Paris sur le climat pour lequel Washington affiche plus que jamais le plus profond mépris.
Rien sur les sanctions commerciales imposées à l’Europe au mépris des règles du multilatéralisme que vous avez certes vaillamment défendues au Congres …mais pour un résultat purement rhétorique !
Moins que rien enfin sur l’Iran. L’Europe et la France se résignent à se désengager économiquement du pays sous la menace humiliante pour ses « alliés » du Président des États Unis.
On ne peut s’empêcher d’en conclure que vous avez sans doute surestimé votre capacité personnelle à faire bouger les lignes, et sous-estimé du même coup les réalités auxquelles la France est confrontée pour faire valoir son point de vue sur la scène internationale.

En 12 mois, la situation n’a donc fait qu’empirer ! Au risque d’affaiblir notre pays.
C’est pourquoi nous vous invitons à tirer rapidement les conséquences de ces échecs, non pour vous aligner sur les positions des bataillons d’occidentalistes qui n’imaginent plus notre avenir que dans le giron de l’Amérique, mais pour faire de la France la porte-parole d’un nouvel ordre international fondé non sur l’hégémonie d’un seul, mais sur la coopération de tous. Votre devoir est là !
Il consiste à prendre acte de la nouvelle donne qu’a révélée – plus qu’initiée, la politique du Président Trump.

Voilà des années que les États Unis s’éloignent de l’Europe et se soucient comme d’une guigne d’alliés qu’ils ne voient plus que comme des clients potentiels de leur industrie d’armement.
Non seulement l’OTAN ne garantit plus la sécurité de notre continent mais elle fait obstacle à l’émergence des nouvelles modalités qui pourraient l’assurer.

Aussi à l’occasion de son prochain sommet, nous vous invitons à soulever cette question vitale pour mieux poser les jalons de la grande conférence de la paix et de la coopération en Europe qui devait fixer le cadre de nos relations futures avec la Russie. De même devriez-vous faire la preuve concrète de votre détermination, au-delà des discours, en proposant une relance du seul outil militaire autonome dont disposait l’Union, à savoir l’UEO, sacrifié sur l’autel de notre retour dans le commandement intégré.

La France ne peut renoncer à défendre une vision multilatérale de l’avenir du Monde.

 

Dans le même esprit “gaullo-mitterandien” dont vous vous réclamiez, nous vous enjoignons tout aussi bien de relever le gant que Washington vient de nous lancer au visage en reniant sa signature de l’accord nucléaire iranien, et plus encore en prétendant sanctionner nos banques et nos entreprises désireuses de poursuivre leurs investissements à Téhéran. Où sont passées les ambitions de faire de l’euro une monnaie d’échange international capable de concurrencer le dollar et contrecarrer l’hégémonie américaine ? Où sont les mesures de rétorsions qui seraient déclenchées si nos entreprises restant en Iran étaient pénalisées ? Comme cela est déjà arrivé à de multiples reprises depuis 1981, la France doit actualiser, ou à défaut adopter, une loi de blocage interdisant à nos établissements économiques et financiers de se soumettre aux injonctions d’un pays tiers. A défaut, que resterait-il de notre indépendance nationale si nous ne pouvons plus décider de notre politique étrangère ?

La France ne peut renoncer à défendre une vision multilatérale de l’avenir du Monde. Elle doit mettre toute son énergie à résister à l’œuvre destructrice de Trump, à entrainer ses partenaires européens et bien d’autres sur cette voie. Elle ne peut se dérober à cette responsabilité et renoncer à sa place singulière dans le concert des Nations.
Elle ne peut perdre son indépendance diplomatique et politique qui plus est dans une partie du monde, le Moyen-Orient, où notre présence a été constante. A cet égard, les déclarations de M. Le Maire, courbant l’échine sous l’injure, sont inacceptables et devraient être désavouées.
Le problème est bien plus grave qu’une simple blessure d’orgueil. Ne rien faire, c’est laisser penser que la troïka formée par l’extrême droite américaine, la droite israélienne et la monarchie saoudienne peut désormais décider de l’avenir de la région. Cela reviendrait à donner à leurs leaders un blanc-seing pour la guerre et ouvrir la voie à de nouvelles et terrifiantes déstabilisations qui ne nous épargneraient pas.
La France doit donc changer d’attitude, parler d’une voix forte et agir en conséquence pour rallier tous ceux qui, dans le monde, souhaitent un équilibre plus juste et plus sûr. C’est ce que nous vous demandons. Alignée, la France n’est plus la France : elle perd la maîtrise de son destin.
« Notre cher et vieux pays » ne peut trahir aujourd’hui l’héritage de générations ayant combattu pour la lui assurer. Il ne peut d’avantage renoncer au rôle particulier que lui confère son histoire, son statut international, et les valeurs qu’il incarne.

Bastien Faudot, porte-parole du MRC, conseiller départemental du Territoire de Belfort,
Christian Hutin, député MRC du Nord,
Emmanuel Maurel, député européen PS,
Jean-Luc Laurent, président du MRC, ancien député-maire du Kremlin-Bicêtre,
Marie-Noëlle Lienemann, vice-présidente PS du Sénat,
Angèle Préville, sénatrice PS du Lot,
Sabine Van Heghe, sénatrice MRC du Pas de Calais.

Posté par PS95600 à 11:26 - Permalien [#]

16 juillet 2018

Réforme constitutionnelle : Emmanuel Macron veut "la Vème République jusqu'au bout", nous défendons "la démocratie jusqu'au bout

Réformer les institutions et notre Constitution, bien sûr ! Mais, pour quoi faire ?

Pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains d'un seul homme et rendre notre régime "hyper-présidentiel" ?

Pour assécher la démocratie et éloigner encore plus les citoyens des décisions qui les concernent directement ?

Pour transformer le Parlement en chambre d'enregistrement et dévitaliser les contre-pouvoirs et l'opposition ? 

Derrière les discours de modernité, les images d'une République start-upeuse, Emmanuel Macron dessine en réalité les institutions dont il rêve : "La Vème République jusqu'au bout", "la Vème République à l'excès" ! +

Aujourd'hui, les citoyens sont les grands oubliés d'une histoire qui doit d'abord s'écrire avec eux. C'est pourquoi le Parti socialiste défend une République de l'équilibre des pouvoirs, de nouveaux droits pour les citoyens et demande à ce que cette réforme constitutionnelle fasse l'objet d'un large débat démocratique en étant soumise au peuple par référendum. 

 

 

Les socialistes défendent "la démocratie jusqu'au bout"!

"La Constitution est notre contrat social : vouloir la transformer n'est jamais un acte innocent. Cette réforme constitue une régression démocratique et confirme une dérive autocratique (...) Emmanuel Macron veut plus de pouvoirs pour l

Posté par PS95600 à 15:51 - Permalien [#]

12 juillet 2018

La boussole du socialisme

Michel Winock raconte un mouvement politique qui ne cesse d’espérer un monde meilleur. Trois siècles d’une histoire pleine de leçons pour l’avenir.

Quand tout va mal, il faut revenir aux sources. «Back to basics.» Quand tout s’effondre, il reste les fondations, qui permettent de reconstruire. Ainsi devraient réagir les socialistes, ou leurs sympathisants, membres d’un courant politique dont une foule revancharde et intéressée, au sein de la droite arrogante ou de l’extrême gauche sectaire, annoncent au son des buccins la disparition. D’où l’utilité de la somme que réédite Michel Winock sur la longue saga du socialisme en Europe, un livre d’histoire d’une paradoxale actualité.

En trois siècles d’existence, depuis les utopistes du XVIIIsiècle, troupe ignorée et féconde, jusqu’aux sociaux-démocrates du XXIe qui tentent péniblement de survivre à l’heure du populisme, les socialistes d’Europe ont tout connu, la frustration de la marginalité, l’héroïsme des premières luttes ouvrières, les triomphes et les désastres de 1848 ou de la Commune, les trahisons et les défaillances d’un courant humain, trop humain, les réalisations glorieuses du socialisme suédois ou autrichien, le Front populaire, les triomphes réformistes de l’après-guerre, la domination sociale-démocrate des années 70 et 80, puis le reflux face au libéralisme conquérant. Avec beaucoup de clarté et d’érudition, Winock retrace cette longue route semée d’embûches éclairée par cette conviction commune : en s’appuyant sur la raison et le sens de la justice, en mobilisant les victimes du capitalisme prédateur, il est possible, contre l’oppression financière et loin de la tyrannie léniniste, de construire par la réforme, non un monde parfait et achevé, comme dans les utopies de l’ultragauche, mais un monde meilleur.

Ce dernier mot est-il dit, la pièce est-elle achevée ? Les révolutions du siècle qui commence ont-elles renvoyé au vestiaire de l’histoire ce socialisme en couleur sépia qui fleure bon la craie et l’encre d’imprimerie ? Le passé ressuscité par Winock montre bien que non. La protestation contre la dureté du capitalisme, la volonté de résoudre par l’action commune les défis du temps, la maîtrise de la technologie, la lutte pour l’émancipation des individus à travers une action rationnelle fondée sur des valeurs d’égalité, tout cela a engendré le mouvement socialiste. Qui peut dire que ces questions, désormais, sont résolues, dépassées, obsolètes, ou bien qu’une autre philosophie - le libéralisme inégalitaire ? le nationalisme agressif ? le traditionalisme rance ? le populisme dangereux ? le stalinisme sorti de la naphtaline par un Badiou ? - apporte de meilleures réponses… Riche, contradictoire, l’histoire du socialisme fournit un riche répertoire de réponses et de polémiques, une bible du passé qui est un guide pour l’avenir.

Trois réponses, nées de cette expérience de trois siècles, sont particulièrement brûlantes. D’abord, le besoin d’utopie. Ce fut l’origine des choses, avant même les luttes ouvrières. Au siècle des Lumières, des dizaines de penseurs, armés de la Raison, imaginèrent un monde différent - sis en général dans une île - qui réfutait par contraste l’injuste société du temps. Ce besoin est toujours criant. Il anime les militants de l’écologie, de l’altermondialisme, de la réforme sociale, du syndicalisme, les salariés les plus engagés. Non l’utopie fermée et bientôt tyrannique des faiseurs de système, mais l’évocation créative, audacieuse, d’une société différente, qui sert de référence à l’action. Un monde qui n’existera sans doute pas, mais vers lequel on tend, comme le pôle lointain où personne ne va mais qui oriente la boussole.

Ensuite, l’identité nationale, source de tant de polémiques amères et de déchirements au sein de la gauche. A la fin du XIXe siècle, le même débat autour du patriotisme et de la nation agita le mouvement socialiste. On est au regret de dire que Jaurès, Vaillant, Guesde, Allemane et quelques autres ont largement résolu la question. Pour Allemane, la nation est un mal en soi, qui ne produit que la guerre, il se veut «sans patrie», comme d’autres aujourd’hui «sans frontières». Les autres, tous les autres, Jaurès en tête, ne croient pas à la dissolution prochaine des nations, serait-elle souhaitable, et donnent une version républicaine, ouverte, européenne, universaliste, de l’identité française, qui n’est pas un héritage figé, comme le voudraient les nationalistes, mais une entité vivante, ouverte et évolutive, soumise aux valeurs de justice et de coopération. Que dire de mieux en ces temps identitaires ?

Enfin, les socialistes, nés à l’histoire par la contestation du capitalisme, ont fini par trouver envers lui la bonne distance. Jusqu’à Blum en passant par Marx, Proudhon, Jaurès ou Guesde, il était entendu que, par la réforme ou la révolution, le socialisme se définissait d’abord par l’abolition de la propriété et la possession collective des moyens de production. Les désastreuses expériences communistes, tout comme les mésaventures des socialistes trop dirigistes au pouvoir, ont montré que la voie était mauvaise. La propriété d’Etat sur toute l’économie produit la tyrannie et la pénurie. On le voit encore à Cuba, en Corée du Nord ou, dans une moindre mesure, au Venezuela. Il faut donc considérer le marché comme une réalité ambiguë, un mauvais maître mais un bon serviteur. En le réduisant, on appauvrit tout le monde, en le laissant trop libre, on s’asservit. La faute des socialistes dans la dernière période est d’être tombés dans la deuxième erreur, malgré les réformes utiles qu’ils ont pu mettre en œuvre. La puissance des Gafa, la tyrannie des marchés financiers, la ploutocratie qui s’étend : ce sont les nouvelles Bastilles, comme l’étaient aux temps de l’Internationale «les rois de la mine et du rail». Faute de voir les socialistes les en protéger, les peuples se tournent vers les nationalistes et les démagogues, qui sont les auxiliaires du conservatisme social. Tout cela est dans Winock ; c’est-à-dire dans ce passé inépuisable qui éclaire l’avenir.

Laurent Joffrin

MICHEL WINOCK LE SOCIALISME EN FRANCE ET EN EUROPE Points «Histoire», 448 pp., 10,80 €. 

Posté par PS95600 à 11:19 - Permalien [#]

06 juillet 2018

Sénateur, je serai présent au Congrès à Versailles

image27La réforme constitutionnelle de 2008 portée par Nicolas Sarkozy permet dorénavant au Président de la République de réunir les deux chambres, Assemblée Nationale et Sénat, en Congrès pour s’exprimer devant les parlementaires. Jusque-là, le Congrès était uniquement réuni en vue de réviser la Constitution Française. 

 
Ce tropisme américain du Président Sarkozy a impacté le déséquilibre des pouvoirs déjà existant entre l'exécutif et le législatif.
 
La convocation du Congrès le 9 juillet prochain par l'actuel Président de la République interroge.
 
Elle est vécue, avec raison d'ailleurs, comme le fait du prince. Elle est sans ordre du jour, sans objectif, sans obligation, sans décision et sans vote. Il s'agit donc pour lui de venir disserter devant les parlementaires un après-midi durant.
 
Cette pratique dans l'exercice du pouvoir est bien différente de celle de son prédécesseur, qui lui, avait réuni le Congrès au lendemain d'attaques terroristes contre la France et les Français. François Hollande avait souhaité faire de ce moment, un moment d'unité nationale. Les parlementaires debout et applaudissant son intervention en était un symbole fort. 
 
Mais revenons à la décision de ce Président qui se veut tout puissant et sans contre-pouvoirs organisés.
 
Je me suis bien évidemment interrogé sur cette convocation pour convenance personnelle du Congrès.  
 
En tant que Sénateur, j'irai au Congrès de Versailles.
 
J'y siègerai parce que j'y représenterai mon département du Val d'Oise, ses grands électeurs, ses élus et collectivités locales et à travers eux les Valdoisiens.
 
J'y siégerai car je sais que ma voix, celle d'un homme de gauche, socialiste, européen, progressiste, humaniste, féministe, écologiste et laïc sera porté, fortement, par le Président de mon groupe au Sénat, Patrick Kanner. 
 
J'y siégerai parce que je crois en la force de notre régime démocratique, aujourd'hui attaqué par ce Président de la République qui veut s'arroger, au travers d'une réforme constitutionnelle pour convenance personnelle, tous les droits. Nous socialistes, nous entendons au contraire renforcer les droits des citoyens et des corps intermédiaires. 
 
Alors, Monsieur le Président de la République, je vous invite à cesser cette pratique consumériste du pouvoir. 

Posté par PS95600 à 19:46 - Permalien [#]

25 juin 2018

Les aides au logement (APL) encore ciblées par le gouvernement

Emmanuel Macron persiste et signe. Après avoir déjà baissé les APL de 5 euros en 2017, les déclarations du gouvernement laissaient penser que le message des locataires avait été entendu. Édouard Philippe avait reconnu que la mesure n'était « pas intelligente ». Or, il va à nouveau pénaliser les allocataires de ces aides au logement en gelant leur indice. Cette décision injuste et brutale est plus grave encore que la baisse précédente car ce gel se répercute en pourcentage et touchera donc davantage ceux qui ont le plus besoin des APL, les plus précaires et les familles nombreuses.

Dans son budget, la majorité a prévu que les aides au logement, habituellement revalorisées le 1er octobre en fonction de l'indice de référence des loyers, ne le seraient pas cette année. Pour 2018, cet indice aurait dû progresser de 1,8 % et les APL aurait dû augmenter en moyenne de 5 euros. Les APL ont toujours été indexées sur l'indice de référence des loyers sauf... en 2012, sous Nicolas Sarkozy. Après son arrivée au pouvoir, François Hollande avait rétabli ce principe de justice sociale. Emmanuel Macron montre ses références et confirme l'orientation de sa politique.

Ce gel est d'autant plus grave qu'il se cumule à la baisse décidée en octobre dernier. La non-revalorisation des APL va donc s'appliquer sur des aides déjà rognées de 5 euros par rapport à début 2017. Les bénéficiaires d'APL vont donc, en moyenne, perdre près de 10 euros d'APL tous les mois.

Après avoir dépensé un « pognon de dingue » pour les plus riches avec l'ISF, l'exit tax et la flat tax, le gouvernement fait les poches de tous les autres, et en premier lieu les plus précaires. Nous souscrivons aux propos de Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre : « ce gouvernement essaye de faire des économies budgétaires, et le plus facile c'est de les faire sur les pauvres. »

 

Stéphane TROUSSEL
Secrétaire national aux nouvelles solidarités, parcours de vie et innovation sociale

Posté par PS95600 à 10:23 - Permalien [#]

23 juin 2018

Abandon des 1000 créations d'emplois en France par General Electric


Le groupe américain General Electric (GE), qui a acquis la branche énergie d'Alstom il y a 4 ans, a annoncé ce jeudi qu'il ne tiendrait pas son engagement de créer 1.000 emplois en France d'ici la fin 2018. Cette décision est non seulement regrettable, elle est inadmissible.
GE a indiqué qu'il ne respecterait pas ses engagements et qu'il n'avait créé que 323 emplois en France à la fin avril. Cela ne peut être satisfaisant. Si, comme invoqué par le nouveau PDG John Flannery, le groupe américain est « confronté à un environnement difficile » dans le secteur de l'énergie, force est de constater que cette situation n'est pas uniquement due à la conjoncture : en 2016-2017, General Electric était le premier distributeur de dividendes et de rachats d'actions avec 33 milliards de dollars. Le groupe paye aujourd'hui une gestion de l'entreprise sur un modèle de courte-vue pour satisfaire les actionnaires. Ces gestions actionnariales nous conduisent collectivement dans le mur, c'était le sens des propositions apportées par le groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée dans sa proposition de loi « Entreprise nouvelle » que l'actuelle majorité n'a pas voulu examiner.
Le Gouvernement, qui s'honorerait d'avoir une politique industrielle, doit être intraitable dans la défense de nos bases industrielles et de l'emploi en France. Il doit exiger le respect des engagements pris et peser de tout son poids. Il en va de la confiance entre l'entreprise et l'État, entre les salariés et leurs représentants politiques et du respect des accords passés.

Olivier FAURE
Premier secrétaire du Parti socialiste et Député de la 11ème circonscription de Seine-et-Marne (77)

Boris VALLAUD
Secrétaire national à l'Europe, porte-parole

Christine PIRES BEAUNE
Secrétaire nationale à la Politique économique, services publics et justice fiscale

Posté par PS95600 à 10:29 - Permalien [#]

18 juin 2018

« On n’a jamais vu un immeuble avec 100 % d’handicapés. »

Mercredi 6 juin, le journaliste chroniqueur Guillaume Meurice revenait sur le vote de la loi Élan. En interrogeant notamment trois députés sur ce passage de 100 % à 10 % de logements accessibles dans les immeubles neufs. Et sur les conséquences pour les personnes en situation de handicap. 

Pas de bras, pas de toit”, “pas de jambes, pas de chambre”. Formules choc que celles de Guillaume Meurice dans son billet d’humeur/humour hier sur France Inter. Une façon de résumer l’article 18 de la loi Élan sur le logement. Les députés l’ont voté le même jour, approuvant ainsi le passage de 100 % à 10 % de logements accessibles dans les immeubles neufs.

« On n’a jamais vu un immeuble avec 100 % d’handicapés. »

Guillaume Meurice est allé à l’Assemblée nationale pour en interroger quelques-uns. Propos. Gilles Carrez, LR, juge qu’« il ne faut pas être intégristes ni dans un sens ni dans l’autre ». Philippe Vigier, UDI, répond pour sa part qu’« on n’a jamais vu un immeuble où il y a 100 % d’handicapés ».

Et lorsque l’humoriste lui fait remarquer qu’avec la nouvelle loi une personne en situation de handicap ne pourra pas rendre visite à un ami valide, la réponse est au mieux déconcertante au pire discriminante. « Malheureusement un handicapé ne peut pas avoir accès à tout. »

C’est à écouter ou réécouter sur France Inter.vv

Posté par PS95600 à 05:06 - Permalien [#]

16 juin 2018

La semaine où le train Macron a déraillé !

 

image27

Avec l'actuel Président de la République, la politique est souvent faite de symbole et de communication. Il en use et en abuse. 
 
Et ce dès le soir de son élection avec la Pyramide du Louvre en décor de fond.
 
D'abord en tentant de reprendre la doctrine Mitterrand - Pilhan autour de la parole rare. Le jeune monarque était donc au-dessus de tout, et surtout de tous les Français. Il parcourait et traitait des affaires du monde. Donald Trump et Vladimir Poutine pour commencer. Pour quels résultats ? L'Accord de Paris sur le climat réussite de l'action de François Hollande et de Laurent Fabius, ou encore celui sur le nucléaire iranien furent dénoncés avant que ne démarre une guerre commerciale de l'aigle blond américain contre la France et l'Europe. Rejoint en cela par la Chine. Il en sera de même du dossier syrien où aucune avancée diplomatique ne fut permise par le nouveau tsar malgré sa réception dans le lieu au combien symbolique de la signature du Traité de Versailles.
 
Puis, le Président Macron dû changer de stratégie pour s'aligner sur celle du Nicolas Sarkozy à l'Elysée, à savoir la parole permanente pour faire, nourrir et orienter l'actualité. Ce choix lui fut imposé. Par la réalité du moment, à l'heure de l'actualité permanente avec les chaînes d'informations en continue et des réseaux sociaux tous puissants. Mais aussi et peut-être avant tout par l'impact pour les Français de sa politique. Des cadeaux fiscaux pour les plus aisés payés par les plus faibles en passant par la CSG pour les retraités, la diminution des APL ou l'abandon du plan Borloo pour la banlieue sont pour les Français la marque d'une politique de droite. Les Français ne s'y trompent pas puisque les deux tiers d'entre eux estiment que l'actuel Président de la République mène une politique de droite (Sondage d'Odoxa pour Aviva Assurance, Challenges et BFM Business).
 
C'est dans ce climat que cette semaine le train Macron a déraillé.
 
Pas seulement parce qu'il s'est attaqué à la SNCF sans garantir sa vocation publique, ni la qualité et la pérennité d'un service public des mobilités. C'est qu'il a dû sortir l'artillerie lourde de la communication pour masquer de profondes difficultés. En effet, comment croire qu'une vidéo d'Emmanuel Macron réalisée par la Directrice de la communication du palais présidentiel et publiée tardivement sur le site de l'Elysée ne soit pas une opération de communication destinée à détourner l'attention des Français et des médias. Alors pourquoi ce tapis de bombes autour du "trop de pognon pour les pauvres"?
 
La première raison est le réquisitoire des trois inspirateurs du programme économique du candidat Macron. Que disent-ils ? Tout simplement, et sans appel, c'est si le candidat Macron parlait d'une politique "de droite et de gauche", le Président Macron lui mène juste une politique de droite. Il rompt ainsi avec ses promesses. Il fait le choix des plus riches contre le reste de la société. 
 
La seconde raison est l'abandon d'une promesse de campagne lourde de sens sur la vision de la société pour l'actuel Président de la République autour de l'inclusion des personnes en situation de handicap et les personnes âgées. En effet, le gouvernement et sa majorité parlementaire ont fait le choix de passer de 100% à seulement 10% de logements aménagés et accessibles via le projet de loi ELAN. Comme l'indique l'une des principales associations oeuvrant dans le secteur du handicap "Juin 2017 : Handicap priorité du quinquennat. Juin 2018 : les députés votent la discrimination d'accès au logement." 
 
La troisième raison est l'impasse budgétaire du gouvernement. Il avait annoncé un excédent budgétaire à la fin du quinquennat. Chacun sait que dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et des choix du gouvernement la réalisation de cette promesse s'éloigne chaque jour un peu plus. En faisant le choix notamment d'amputer les recettes de l'Etat de 10 milliards d'euros par an (ISF, Flat Tax et Exit Tax), de reprise de toute la taxe d'habitation (26,4 milliards par an) le gouvernement cherche du "pognon" pour parler le Macron dans le texte. Il commence par abandonner le Plan Borloo pour la banlieue...mais cela ne suffit pas. Alors, le Président et sa majorité s'attaquent à celles et ceux qui ne sont pas dans la Start Up Nation ! Ils sont nombreux. C'est là que commence le concours lépine des vieilles idées libérales : pour les uns la suppression de la prime d'activité, pour les autres de nouveau les APL ou encore l'allocation de solidarité spécifique et même le RSA. Le gouvernement parle d'efficacité pour la dépense sociale mais jamais pour les cadeaux fiscaux. 
 
La quatrième raison est le naufrage des valeurs de ce gouvernement. Il est symbolisé par le drame que vivent les 629 hommes, femmes et enfants de l'Aquarius. En effet, alors que l'Italie vient de rejoindre la longue liste des pays qui sombrent dans le nationalisme, son nouveau gouvernement fait de l'Aquarius une arme politique. Face à cette décision honteuse et scandaleuse, nous attendions une réponse ferme et humaine de la patrie des Droits de l'Homme. Il n'en fut rien. Un silence assourdissant. Puis des tentatives d'excuses honteuses de membres du gouvernement. La France a honte de ceux qui s'autoproclament "nouveau monde". Nous souhaitons le retour dans le vrai monde, celui de la France des lumières et de l'humanisme. D'autant qu'au moment où j'écris ces quelques lignes, le bateau l'Aquarius et ses  passagers sont passés à quelques kilomètres de la Corse sans que le gouvernement français ne les reçoivent, et ils devront donc parcourir encore 1000 km et attendre près de deux jours pour pouvoir mettre pied à terre et en finir avec leur calvaire. Ils le pourront grâce au gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez. 
 
Quatre lourdes fautes politiques, économiques, sociales et morales en une semaine. Une majorité qui se contorsionne. Des Français qui glissent vers la rupture, notamment ceux de gauche. La seconde année du quinquennat de l'actuel Président de la République sera celle de tous les dangers. 

 +

Posté par PS95600 à 18:48 - Permalien [#]