La Rose dans la vallée

20 juillet 2015

Ce que la réunification allemande nous enseigne sur la crise grecque actuelle

Après la chute du mur, le gouvernement Kohl, dont le ministre de l’Intérieur n’est autre que Wolfgang Schäuble, va créer la Treuhand, une société qui doit organiser la privatisation de l’économie de l’ex-RDA.

Après la chute du mur, le gouvernement Kohl, dont le ministre de l’Intérieur n’est autre que Wolfgang Schäuble, va créer la Treuhand, une société qui doit organiser la privatisation de l’économie de l’ex-RDA. Franke, Klaus. Bundesarchiv

Au cours des négociations sur la crise grecque et européenne, l’Allemagne a adopté une position particulièrement dure. Dans un document de travail récemment révélé par le député vert Sven Giegold, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble propose le « transfert d’actifs grecs pour un montant de 50 milliards d’euros à un fonds externe » basé au Luxembourg.

Cette société serait chargée de privatiser ces actifs, échappant ainsi à l’influence du gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras. L’idée de Wolfgang Schäuble reprend largement les méthodes mises en œuvre lors de la réunification allemande. L’histoire de la société Treuhand, son échec et les scandales qui l’entourent, montrent que les négociations actuelles sont menées, en dépit du bon sens, pour des raisons largement idéologiques.

Capitulation économique

Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin ouvre la voie à la réunification allemande. Se pose alors une question fondamentale : comment adapter l’ensemble du système productif de la République démocratique allemande, communiste, à l’économie de marché ? Les milieux économiques de l’ouest veulent une privatisation massive et rapide. Soutenus par le chancelier conservateur Helmuth Kohl, ils vont obtenir « une capitulation économique de la RDA sans condition ».

Les milieux économiques de l’ouest veulent une privatisation massive et rapide

L’enjeu est de taille : l’ex-RDA est un marché potentiel de 16 millions d’habitants, au cœur de l’Europe, dont la main-d’œuvre est qualifiée. Les entreprises, la propriété foncière et l’ensemble des activités économiques appartiennent à l’Etat, et donc en théorie aux citoyens. Le problème central est le manque absolu de capitaux pour moderniser un appareil productif inefficace.

« Ruée vers l’or »

A l’ouest, les entreprises accumulent les excédents commerciaux. Dans ces conditions, l’illusion d’une réunification entre égaux va rapidement laisser place à une véritable « ruée vers l’or », selon l’expression du journaliste Dirk Laabs. Industries, banques, lobbyistes et ambitieux se ruent vers l’Est en l’absence de tout cadre légal. Impuissant, un député social-démocrate ne peut que constater : « premier arrivé, premier servi, une course contre la montre s’est engagée ».

La Treuhand doit organiser la privatisation de l’économie de l’ex-RDA

Le gouvernement Kohl, dont le ministre de l’Intérieur n’est autre que Wolfgang Schäuble, va alors créer la Treuhand. Cette société doit organiser la privatisation de l’économie de l’ex-RDA et – en théorie – redistribuer les bénéfices aux habitants. A sa tête, des managers de l’ouest, souvent peu expérimentés. Pétris d’une croyance naïve dans les vertus du libéralisme, ils célèbrent la « destruction créatrice » chère à Schumpeter.

Kohl, en pleine campagne électorale, promet que le libéralisme va rétablir l’économie de l’Est en quelques années. Fin tacticien, il propose une parité entre les deux monnaies. Un mark de l’ouest contre un mark de l’est. Les économistes jugent qu’un mark-ouest vaut en réalité six marks de l’est.

Désillusions

Les élections passées, les citoyens déchantent rapidement : les salaires de l’est ne correspondent absolument pas à la productivité de l’économie. Or il est désormais impossible de dévaluer, ou d’exercer le moindre contrôle sur la politique monétaire pour relancer l’économie. En quelques mois, le chômage atteint les 20 % et l’activité économique menace de s’arrêter complètement.

Ménager les « retraités bavarois »

Les parallèles avec la situation grecque actuelle sont frappants. Un projet d’unification politique, louable d’un point de vue théorique, sert dans la pratique à imposer les recettes économiques les plus orthodoxes. L’adoption d’une monnaie commune, le Deutsche Mark hier et l’euro aujourd’hui, va se révéler inadaptée pour des économies peu compétitives.

Aujourd’hui comme hier, les rapports de force sont déséquilibrés en faveur du gouvernement conservateur allemand. Il faut ménager les désormais célèbres « retraités bavarois », sommés de payer pour leurs voisins de l’est ou pour les « Grecs avides ». L’agenda politique européen est déterminé par des considérations de politique nationale. La création d’une société soi-disant indépendante doit garantir que les dettes seront remboursées. Mais l’histoire de la réunification allemande montre ici que l’ultra-libéralisme, loin d’être synonyme d’efficacité, alourdit en fin de compte la facture des Etats.

Des supermarchés aux banques, c’est un pays entier qui est vendu pour une bouchée de pain

En 1990, la société Treuhand n’a ni le personnel, ni l’autorité pour réagir face à l’urgence. Les cas de corruptions se multiplient, et le gouvernement Kohl détourne les yeux. La Treuhand n’a de comptes à rendre ni au Parlement, ni à la population. De toute façon, les grandes entreprises de l’ouest ont déjà commencé à se partager le gâteau. Des supermarchés aux hôtels, de la propriété foncière aux banques, c’est un pays entier qui est vendu pour une bouchée de pain.

Chantage

Cependant, les nouveaux propriétaires veulent plus. Souvent en situation de cartels ou de monopoles, ils licencient massivement et font du chantage à l’Etat, demandant des subventions pour investir. Un directeur de la Treuhand expliquera plus tard qu’« aucune grande banque allemande n’a risqué le moindre mark. Tout était garanti par l’Etat, par l’ensemble des citoyens ». Un autre note dans son journal : « Personne ne se gêne, et personne n’a de scrupules à dévaliser les caisses de l’Etat, car c’est bien de cela qu’il s’agit. »

C’est aussi l’Etat qui va financer la mise à niveau de l’appareil productif, et fermer les entreprises les moins rentables, celles qui n’ont pas trouvé de repreneurs. Le chômage s’envole tandis que les salaires diminuent. Pour restaurer la compétitivité, et puisqu’il est impossible de dévaluer, on rallonge les horaires de travail.

Cercle vicieux

Pour l’Allemagne, c’est le début d’un cercle vicieux : vingt ans de « modération salariale ». De nombreuses entreprises utilisent la réunification pour renégocier les conditions de travail à l’ouest du pays en menaçant de délocaliser à l’est ! Le périmètre de l’Etat-providence est réduit au nom de la lutte contre le chômage.

En fin de compte, ce sont les citoyens qui ont supporté le poids de la réunification. La faillite de la Treuhand et de son idéologie de la « thérapie de choc » est patente. En 1995, elle disparaît en laissant une montagne de dettes à l’Allemagne réunifiée. Les privatisations déjà effectuées en Grèce ont été réalisées à la hâte et sans concertation politique. Le nouveau projet des créanciers, tout aussi idéologique, n’aura sans doute pas plus de succès. Une fois de plus, ce sont les Etats européens et en particulier les citoyens grecs qui régleront l’addition.

Thomas Morel est historien des sciences, chercheur invité à l'Université Technique de Berlin.

 

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10 juillet 2015

Piketty : «l'Allemagne est LE pays qui n'a jamais remboursé ses dettes»

Bim.

Exemplaire, l'Allemagne ? Un modèle de rigueur budgétaire et de remboursement des dettes ? Non, répond l'économiste Thomas Piketty (photo AFP) dans une interview au journal allemand Die Zeit, dont Slate propose une traduction française des principaux arguments.

Dans cet entretien, donc, l'auteur du Capital au XXIe siècle rappelle, comme cela a déjà été dit, que l'Allemagne a bénéficié d'une restructuration de sa dette en 1953, au sortir de la guerre, ce qui lui a permis de remettre son économie sur les rails et d'aboutir au résultat que l'on connaît. Mais il va plus loin :

«Ce qui m'a frappé pendant que j'écrivais, c'est que l'Allemagne est vraiment le meilleur exemple d'un pays qui, au cours de l'histoire, n'a jamais remboursé sa dette extérieure, ni après la Première, ni après la Seconde Guerre mondiale. [...] L'Allemagne est LE pays qui n'a jamais remboursé ses dettes. Elle n'est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations.»

Cette thèse, Thomas Piketty, chroniqueur à Libé, l'a plusieurs fois exposée, décrivant par le menu comment l'Allemagne, et aussi la France, ont fait jouer la planche à billets au sortir de 1945, obtenu des effacements d'ardoise et imposer les hauts patrimoines. D'après les accords européens de 2012, la Grèce se retrouve dans l'obligation «de dégager un énorme excédent de 4% du PIB pendant des décennies afin de rembourser ses dettes», rappelait-il dans notre journal. Une stratégie absurde, «que la France et l'Allemagne n'ont fort heureusement jamais appliqué à elles-mêmes».

On caresse l'espoir que les responsables du tabloïd Bild, qui redoublent chaque jour de violence envers la Grèce, auront lu cet entretien (aujourd'hui, le quotidien demande à Angela Merkel d'être une «chancelière de fer»).

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08 juillet 2015

« Contraindre la Grèce à abandonner l’euro serait faire fausse route »

Retrouvez la tribune de Jean-Christophe Cambadélis parue dans Le Monde !

Lors du référendum du 5 juillet, le peuple grec a, à une large majorité, dit non. Il a répondu avec clarté à une question qui en manquait et il a confirmé son message du précédent scrutin en janvier : il aspire à l’Europe mais refuse la poursuite de l’austérité qui a réduit d’un quart le PIB du pays et aggravé la précarité – un Grec sur trois vit sous le seuil de pauvreté et sans couverture médicale. Le vote des Grecs doit être respecté – il est l’expression d’une démocratie – et justement interprété – il est d’abord un vote de souffrance sociale.

Comprendre cette réalité est indispensable alors que s’ouvre une phase d’incertitude pour la Grèce et l’Union européenne. Pour l’éviter, avec constance et prescience, le président de la République a, dans les jours qui ont précédé, inlassablement plaidé pour qu’un accord soit forgé avant le référendum entre la Grèce et ses partenaires européens, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. La négociation a été interrompue par les uns, puis suspendue par les autres. Cette occasion perdue conduit aujourd’hui l’Europe à un moment majeur de son histoire.

Profondément attaché à la construction de l’Europe et, au nom de son idéal même, à la réorientation de ses politiques, le Parti socialiste entend éclairer le débat public et rappeler, face aux analyses court-termistes et alors que se réveillent des forces nationalistes, les enjeux qui doivent orienter les choix d’intérêt général européen.

La Grèce doit rester dans la zone euro : c’est notre conviction et c’est notre combat. Une sortie – quelles que soient ses modalités juridiques – aurait des conséquences massives pour le peuple grec mais pas seulement pour lui. Le retour à la drachme et la dévaluation de la nouvelle monnaie vis-à-vis de sa parité initiale avec l’euro provoqueraient l’appauvrissement accru des salariés et des retraités, ainsi que le renchérissement des produits importés et de la dette extérieure. Comment la zone euro, quant à elle, vivrait-elle ce bouleversement ?

Bien sûr, des protections ont été édifiées au cours des dernières années : le Mécanisme européen de stabilité doté d’une capacité d’emprunt de 700 milliards d’euros, la surveillance par la BCE des banques de l’eurozone, d’autres leviers encore, sont autant de progrès qui renforcent la solidité de la monnaie unique. Reste une réalité politique : la sortie de la Grèce de l’euro signifierait que celui-ci pourrait être réversible, ce que, dans la mondialisation, ne manqueraient pas d’interpréter et d’utiliser les autres puissances continentales, et qu’au sein même de l’Union, les partis xénophobes et nationalistes exploiteraient à leurs fins.

Quant à ceux qui prédisent que l’expulsion de la Grèce hors de l’euro réglerait la faiblesse originelle de l’union monétaire – une même monnaie, des économies disjointes –, ils font fausse route : loin de susciter un débat sur la politique économique avec un lieu pour le faire, cette voie conduirait à l’ordo-libéralisme pour viatique. Or s’il faut à coup sûr des règles budgétaires dans une zone monétaire dont chaque Etat membre est un dépositaire, et si chaque pays a intérêt à la gestion sérieuse de ses finances publiques au nom même de sa souveraineté politique face aux marchés, une politique économique ne peut seulement être affaire de règles comptables.

Elle doit se fonder sur des objectifs économiques partagés pour la croissance durable, l’investissement, l’innovation, l’emploi, le progrès social. C’est d’ailleurs la voie qu’a commencé d’emprunter l’Union à travers, notamment, le plan dit « Juncker » ou encore la Garantie jeunes. Voilà pourquoi le moment que traverse la zone euro, loin d’être synonyme de recul, pourrait permettre une avancée pour tous les Européens : une coordination budgétaire, une intégration économique, une convergence fiscale et sociale accrues avec un suivi démocratique affirmé.

Données connues, effets inconnus, cette vérité ne vaut pas que pour l’économie. Les effets les plus profonds, les plus durables, certainement les plus dangereux, d’un « Grexit » seraient avant tout géopolitiques. Veut-on une Grèce laissée à elle-même, une Grèce dans le chaos, quelque part entre les Balkans et le Levant, alors que chaque jour, les gouvernements et les peuples européens doivent faire face à de nouveaux enjeux migratoires, mais aussi à la menace du terrorisme fondamentaliste ? Comprendre la situation dans sa globalité, se hisser et se projeter, c’est cela – n’en déplaise à la directrice générale du FMI, Christine Lagarde – se comporter en adultes.

Voilà pourquoi être Européen, c’est avoir une vision, et avoir une vision, c’est vouloir la négociation. Pour trouver un accord durable, fiable et supportable. Pour qu’il soit durable, ce compromis – ce mot qui a fait l’Europe est une volonté autant qu’une méthode – doit inclure le traitement de la dette grecque. Pour être fiable, il doit s’accompagner d’un plan de remise en route du pays par un soutien à l’économie grecque et à ses atouts – notamment maritimes – afin d’élever son potentiel de croissance. Pour être supportables, les réformes attendues de la part du pays doivent préserver les personnes les plus fragiles. Car il s’agit pour la Grèce, de son côté, de reconstituer un véritable Etat qui lève l’impôt, lutte effectivement et efficacement contre les rentes qui bloquent des secteurs d’activité entiers, réduise ses dépenses militaires plutôt que ses dépenses sociales et d’avenir. C’est cela, la solidarité affirmée et avisée sur laquelle le projet européen s’est fondé.

Dans ce moment dont chacun mesure l’importance pour l’Europe, la droite française a, hélas, choisi de faire de la question grecque et de ses enjeux une affaire de positionnement partisan, de penser à elle pour 2017 plutôt qu’à l’Europe en 2015. Qu’elle soit envisagée dans l’outrance verbale de M. Sarkozy ou formulée sur un ton badin par M. Juppé, la sortie de la zone euro pour les Grecs est déraisonnable et irresponsable. Oui, la négociation est le chemin de l’intérêt général européen, donc celui de la France. François Hollande en est l’inlassable partisan et artisan. Parce qu’il n’y a aucune fatalité à la déconstruction de l’Europe. Parce que l’avenir de nos peuples se bâtit dans le présent.

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30 juin 2015

« En Grèce, les créanciers fabriquent la désunion européenne » Tribune d'Emmanuel Maurel.

L’accélération des événements et l’incertitude sur l’avenir de la Grèce ne doivent pas occulter que les créanciers, pendant près de quatre années, ont eu les mains libres en Grèce à travers la tutelle qu’exerçait la « troïka » [Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international] de facto sur toutes les réformes, entre 2011 et 2014.

Le bilan des mesures imposées à la Grèce est catastrophique sur tous les plans : loin de maîtriser la dette grecque, elles l’ont fait exploser ; loin de renouer avec la croissance, elles ont amputé le produit intérieur brut (PIB) du pays de près de 25 % ; enfin, loin de reconstruire des capacités administratives fortes, elles ont déstructuré les administrations sans s’attaquer clairement à la levée de l’impôt.

La pauvreté en Grèce n’est pas une donnée intrinsèque : l’austérité a fait continuellement augmenter le nombre de personnes concernées, qui sont aujourd’hui plus de 3 millions (sur une population de 11 millions d’habitants) à être sous le seuil de pauvreté.

Humiliation

L’actuel gouvernement grec, qui a hérité cette situation de crise économique, sociale et humanitaire sans précédent, aurait dû être soutenu depuis le début dans sa volonté de renouer avec la croissance, de sortir la population de la pauvreté, et de reconstruire des services publics viables dans le pays.

Des mois durant, alors même que le mandat qu’il avait reçu du peuple grec était clair contre l’austérité, Alexis Tsipras a fait plusieurs propositions de concessions. Lundi dernier, la Grèce acceptait même l’objectif de solde budgétaire qui lui était proposé par les créanciers, avec de nombreuses propositions de relèvement et d’amélioration de la fiscalité, et l’allongement de la retraite de 62 à 67 ans !

Dans une volonté d’humiliation qui ne fait plus de doute, les créanciers, dont le FMI, ont à peine daigné examiner ces propositions. Incapables de faire à leur tour des concessions, ils demeurent enfermés dans le dogme des coupes budgétaires et de la dévaluation interne. Ils ont une nouvelle fois opposé aux propositions grecques le même panier de mesures qui n’a donné aucun résultat jusqu’à présent, ni sur la dette, ni sur la croissance, encore moins sur l’activité des entreprises, le chômage, l’éducation et la santé.

Mépris et irrespect

Face à une telle absence de dialogue, et une si faible recherche de compromis, il est parfaitement légitime que le gouvernement grec soumette les propositions des créanciers à un examen démocratique. L’enjeu est historique pour la Grèce, et sa souveraineté ne peut se négocier hors du mandat qui a été donné en janvier.

Le mépris et l’irrespect qu’ont témoigné les responsables européens à ce choix courageux, encore aujourd’hui par la voix de Jean-Claude Juncker qui dénigre des « méthodes » qui ne sont autres que la démocratie, illustrent leur abandon coupable à des règles financières qu’ils font prévaloir sur les règles démocratiques.

Jean-Claude Juncker l’avait dit après l’élection de Syriza : « Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens », aujourd’hui, l’Europe entière confirme cette absurde négation de la souveraineté démocratique. L’histoire retiendra-t-elle qu’en 2011, l’Europe s’est mobilisée pour sauver les banques qui détenaient de la dette grecque, et qu’en 2015, elle pousserait un de ses membres à sortir de la monnaie commune ? La dérive autoritaire des créanciers est en train de fabriquer une désunion européenne.

Responsabilité historique

La pression infligée à la Grèce révèle aussi l’importance des décisions prises sans délibération et sans examen démocratique. La Banque centrale européenne (BCE) a été un élément actif de l’asphyxie grecque ces derniers mois, en dévaluant unilatéralement la valeur des collatéraux qu’elle acceptait des banques grecques, ou en refusant de donner de la prévisibilité aux liquidités qu’elle fournit au système bancaire.

Ironie de l’histoire, alors que deux rapports (du Parlement européen et des présidents des institutions européennes) sortaient la semaine dernière pour dresser les pistes d’approfondissement de la zone euro, aucun n’évoque la question de la BCE, aucun n’évoque un réel contrôle démocratique de la coordination des politiques économiques.

A présent, l’Europe fait face à une responsabilité historique : ou bien elle devra assumer les conséquences politiques, financières, et géopolitiques d’un « Grexit » ; ou bien elle laisse du temps à la Grèce. Car cette situation ne peut se répéter indéfiniment. Je m’associe aux très nombreuses voix qui se sont élevées, en Europe et ailleurs, par des prix Nobel d’économie, par l’ancien dirigeant du FMI, pour affirmer que la Grèce doit maintenant pouvoir mener ses réformes sans être bloquée par des négociations qui ne permettront que de rembourser les échéances des deux prochains mois. Il faut impérativement respecter trois étapes :

1/Clôturer le « programme d’ajustement macroéconomique » qui n’a pas donné satisfaction, et cesser cette logique de perfusion financière. La Grèce ne doit pas faire l’objet de nouveaux prêts, mais elle ne doit pas faire non plus l’objet d’une tutelle économique implicite.

2/De façon complémentaire, une restructuration et un rééchelonnement de la dette sont inévitables. Tous les acteurs savent aujourd’hui que la dette grecque n’est pas soutenable, et que la manière la plus durable de la gérer pour éviter le défaut de paiement est de la restructurer.

En outre, la commission parlementaire en charge de l’audit de la dette grecque, qui répondait à une exigence européenne à laquelle seule la Grèce s’est conformée dans la zone euro, a montré qu’une partie substantielle de cette dette a été contractée de façon indue, pour financer le sauvetage d’intérêts financiers privés.

3/Jusqu’à présent, il est important de rappeler que la situation grecque est gérée par des procédures qui ne sont pas celles de l’Union européenne, mais des instruments et des règles ad hoc instaurées par des traités intergouvernementaux. La troisième étape consiste donc, après une à deux années de réformes en Grèce, à réinsérer le pays dans les procédures communautaires (de l’Union européenne), et parallèlement, à réintégrer aussi le Mécanisme européen de stabilité, qui détient la dette grecque pour les Etats membres, dans le champ communautaire.

Unité

En dehors de cette voie, l’Europe se condamne à être aveugle. Aveugle politiquement, car il serait illusoire et présomptueux de penser que nous pourrions, aujourd’hui, refuser la souveraineté démocratique en Grèce, et demain, mener démocratiquement des réformes alternatives dans nos pays et en Europe en général.

Dire « there is no alternative » à la Grèce, c’est le dire à l’Europe, et c’est le dire à la France. Aveugle stratégiquement, enfin, car la Grèce, poussée hors de la zone euro, ne cessera pas d’exister pour autant. Elle se tournera alors vers d’autres partenaires pour nouer des liens et bâtir des projets : la Russie et la Chine.
Les Etats-Unis viennent d’envoyer des armes lourdes, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en Europe de l’Est (pays baltes et Pologne). Si l’Europe, dans cette nouvelle escalade Est-Ouest, veut construire une politique étrangère indépendante, ou du moins jouer un rôle propre, elle doit d’abord faire la preuve de son unité. Sans unité et sans respect de la souveraineté, l’Europe serait condamnée à l’alignement.

Emmanuel Maurel (Député européen)

Retrouvez cette tribune sur le site du Monde

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23 juin 2015

Chirac, Sarkozy, Hollande écoutés par le Renseignement américain

Une Libe du 14 janvier 2015.

Une série de documents que publie Libération en collaboration avec WikiLeaks révèle que ce sont trois présidents successifs, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, et François Hollande —et certains de leurs collaborateurs— qui ont été espionnés, sur une période allant au moins de 2006 à mai 2012, juste après l'installation à l'Elysée de François Hollande.

Les cinq rapports d'analyse que nous publions émanent de la NSA. Ils sont tous sont classifiés «Top Secret».

Pour la première fois, un journal publie la preuve irréfutable que les Etats-Unis exercent, depuis 2002 au moins, leur surveillance du monde jusqu’aux conversations personnelles des présidents de la République française. Ces documents ont été analysés par la rédaction de Libération.

http://www.liberation.fr/monde/2015/06/24/espionnage-de-l-elysee
MEDIAPART
 
MEDIAPART
 
 
2006-2012: Hollande, Sarkozy et Chirac  écoutés
PAR FABRICE ARFI, JÉRÔME HOURDEAUX, JULIAN ASSANGE (WIKILEAKS)

Au-delà des trois chefs d'État français, des ministres, des hauts fonctionnaires, des parlementaires et des diplomates ont été surveillés téléphoniquement pendant près d’une décennie par les services secrets américains, selon des documents obtenus par WikiLeaks.

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22 juin 2015

Campagne 2big2tax : non à la désertion fiscale des multinationales !

soutenez la campagne 2big2tax : non à la désertion fiscale des multinationales !

La commission européenne évalue aujourd’hui le coût de l’évasion fiscale à Mille Milliards d’euros chaque année pour les budgets européens, soit l’équivalent du budget français. C’est un fait: les grandes entreprises mondiales ne contribuent plus leur juste part d’impôt. Une armée de comptables et de juristes leur permet de savantes esquives, en prétendant réaliser la majorité de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Nous exigeons une action déterminée des autorités publiques nationales et européennes pour mettre fin à cette situation.

Nous lançons donc ici une nouvelle initiative, structurée autour d’une pétition que vous trouverez à l’adresse suivante, et que nous vous invitons bien évidemment à signer :

www.2big2tax.eu

Pas d’entreprise “too big to tax”
Au moment de la crise, nous avons été contraints de renflouer à grands coups d’argent public les banques, car elles étaient trop essentielles au fonctionnement de l’économie pour qu’on les laisse faire faillite. Bien que leurs tourments ne venaient que de ce qu’elles avaient joué sans limites avec l’argent des autres, elles étaient « too big to fail ». Les citoyens ont contribué à ce sauvetage collectif du monde bancaire, et les PME. Nous ne pouvons pas accepter une seconde que les entreprises multinationales n’y participent pas parce qu’elles seraient « too big to tax », trop puissantes pour être imposées.

L’impôt, notre bien commun
Payer l’impôt est toujours désagréable. Mais c’est à partir des contributions de ceux qui vivent et travaillent dans un territoire, qu’ensemble nous finançons la solidarité, les services publics, la transition énergétique et les investissements de demain. Les grandes entreprises réalisent des profits dans les pays développés parce qu’elles y trouvent des salariés formés, en bonne santé, des systèmes de transport efficaces et tant d’autres avantages. Quand elles en bénéficient elles doivent naturellement y participer, sinon l’effort retombe intégralement sur les individus et les PME.

Travailler ici, déclarer les impôts ailleurs
En travaillant un échantillon représentatif d’entreprises, l’économiste Gabriel Zucman a calculé qu’elles déclarent que 15 % de leurs bénéfices mondiaux ont été réalisés dans des paradis fiscaux qui représentent 2 % de l’économie mondiale. C’est totalement irréel, et n’est possible que parce que chaque groupe donne des informations différentes à chaque administration nationale. Pour prendre l’exemple fameux de Google, cette entreprise a déclaré au fisc américain que son siège se situe en Irlande. Dans le même temps, elle indique aux Européens qu’il se trouve aux Bermudes ! Une part importante des profits de Google n’est donc taxée, ni aux Etats-Unis, ni en Europe.

Les administrations fiscales doivent cesser de se laisser duper
Chacun doit contribuer à hauteur des profits qu’il réalise, à l’endroit où il les réalise. C’est possible, à condition que les administrations fiscales cessent de se laisser duper séparément. Nous appelons les autorités publiques à mettre leurs ressources en commun pour :
– cibler prioritairement le club des entreprises « too big to tax », au cœur des réseaux mondiaux de dérobade à l’impôt.
– adapter la législation fiscale pour faire face.
– agir au niveau européen, d’égal à égal avec ces Goliath
– coopérer dès maintenant en initiant des enquêtes communes sur les déserteurs fiscaux les plus notoires.

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19 juin 2015

Les réfugiés et nous, les Européens

par Bernard Guetta

visuel Géopolitique

(ré)écouter cette émission

Voyons les chiffres. Le Liban et ses 6 millions d’habitants accueillent aujourd’hui plus d’un million deux cent mille réfugiés, essentiellement syriens. La Jordanie, 8 millions d’habitants, en accueille plus de 600 000. La Turquie, 77 millions d’habitants, en a déjà plus d’un million huit cent mille sur son territoire.

L’Union européenne compte, elle, 500 millions d’habitants et se considère en état de siège et menacée des pires maux car 100 000 réfugiés ont atteint ses côtes, dix-huit fois moins qu’en Turquie.

Alors que dire ?  

Force est, d’abord, de constater que des pays de tradition chrétienne semblent avoir totalement oublié ce que sont la charité et la compassion, alors que des pays musulmans, et infiniment moins riches, font preuve de ces vertus. C’est là qu’il y a de quoi s’inquiéter sur notre identité car ces visages d’enfants hagards et de parents désespérés ont beau s’afficher en première page de nos journaux, le pape a beau s’époumoner à rappeler l’Europe - non pas l’Union européenne mais chacun de nous, les Européens - au devoir d’humanité, nous détournons nos regards, bouchons nos oreilles et fermons nos cœurs.

Oui, dira-t-on, mais la compassion ne peut pas commander la politique, exercice de réalisme qui a ses exigences propres, si dures soient-elles. Oui, c’est vrai, mais alors, parlons politique.

La France se rend-elle compte que son capital international, l’atout maître qui fait d’elle une nation singulière aux yeux du monde et lui procure, puisqu’il faut être réaliste, tant d’avantages économiques, est d’être la patrie des droits de l’homme, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité ? Si tant des plus éduqués de ces réfugiés fuyant égorgeurs et dictateurs rêvent de la France, c’est parce qu’elle a cette image, cet atout essentiel que nous sommes en train de gaspiller et bientôt perdre en ayant été les premiers à refuser la répartition des réfugiés entre les 28 que la Commission européenne avait tant raison de proposer.

Oui, oui dira-t-on, mais plus de générosité ferait le jeu du Front national en France et, partout ailleurs en Europe, des formations de ce type. Ah, oui ?

Eh bien non, au contraire, car c’est en adoptant l’attitude de ces partis et collant à eux qu’on laisse croire que ces réfugiés constitueraient un danger contre lequel il faudrait se prémunir et qu'on donne ainsi raison aux nouvelles extrêmes-droites.

Et puis enfin, soyons réalistes - soyons ne serait-ce qu’un peu politiques - qui sont ces réfugiés si ce n’est nos alliés ? Que dénonce leur fuite si ce n’est la barbarie de ces jihadistes que nous avons raison de craindre et de combattre ?

Ils sont nos alliés, et nous les rejetons. Nous les rejetons et permettons par-là aux jihadistes de moquer les démocrates arabes et leurs prétendus amis des démocraties européennes. Nous nous tirons, autrement dit, dans le pied parce que nous avons peur de malheureux dont toute l’ambition est d’échapper à la mort. Vous, je ne sais pas mais, moi, tant de stupidité me fait honte.

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17 juin 2015

Nouvelle war game : les salons à la mode trouvent le code du travail « obèse »

 Par gerard filoche (voir sur son blog)

 

Ca y est après le politicien Bayrou qui n’a jamais travaillé et qui sort le code du travail a la télévision comme un crachat, après les UMPIR qui le maudissent tous les jours, après Jean-Marie Le Guen qui assure que le code du travail est « répulsif pour l’emploi », voilà les salons parisiens qui s’y mettent.

Ils n’en ont jamais eu besoin pour se protéger de la souffrance au travail mais, comme Le Monde » en « une » ça devient pour eux un « war game », « la nouvelle bataille du code du travail » et il s’agit de le trouver « obèse »

Ils ne parlent pas du fond mais de la forme. Par exemple, Le Monde parle de ré écrire le code en ignorant qu’il l’a été de fond en comble entre décembre 2004 et le 1er mai 2008. Même Bayrou ne doit pas se souvenir que le nouveau code 994 pages format A4 a été promulgué par Chirac en mars 2007 en pleine campagne présidentielle, sans qu’un seul candidat en dise un seul mot… qu’il a été voté au Sénat en 20’ en septembre 2007 et à l’assemblée nationale en 8 h le 4 décembre 2007, que le Conseil constitutionnel l’a approuvé en janvier 2008, et qu’il est entré en vigueur le 1er mai 2008.

Il a alors été allégé de 10 %, il fait 675 p de lois et non pas 3990 p car il y a 3300 pages de commentaires  il n’est pas « obèse », c’est l’édition Dalloz (Sagan amendée par Proust). La droite l’a déjà passé à l’acide, pendant dix ans,  supprimant 500 lois tout en divisant les 1150 lois en 3850 sous-lois… supprimant un livre sur neuf, enlevant 1, 5 millions de signes ! C’est le plus petit des codes et seulement 10 lois servent aux prud’hommes !

Mais ces gens, politiciens riches et salonnards, s’en moquent qu’il ait fallu un siècle pour écrire le code du travail de 1910 à 2015, et que ce texte dans sa richesse, son ampleur, témoigne de l’évolution des rapports de force sociaux de décennie en décennie. Ils s’en moquent qu’on soit passé de 3 millions de salaries à 18 millions de salariés, que 93 % des actifs soient salariés et dépendent du Code : ils sont en croisade pour le ré écrire encore une fois, le passer à l’acide des rapports de force actuels. Il s’agit en baissant encore et encore les droits du travail de baisser le coût du travail et d’augmenter la rentabilité du capital.

Le code du travail, Parisot, Gattaz, Macron, Le Guen, Fillon, Larcher, Bertrand, Le Maire,  combattent pour le supprimer littéralement depuis une décennie. Ils avancent inexorablement derrière n’importe quel argument, et le dernier et le plus stupide d’entre eux « l’obésité », fait leur affaire.

La loi Macron (article 83) vient de nicher par 49 3 une bombe thermonucléaire contre le principe même de l’existence d’un code du travail en modifiant l’article 2064 et la loi du 8 février 1995 du Code civil. Il s’agit de permettre qu’une relation de travail ne relève plus des lois et accords collectifs, mais d‘un accord de gré à gré. Il s’agit, comme le colloque du Medef de mars 2011, de remplacer la « subordination » avec contrepartie, par une « soumission librement consentie » (« compliance without pressure ») sans contrepartie. Il s’agit de faire de chaque salarié l’égal individuel … de son patron pour mieux lui enlever ses droits et protections collectives, légales ou conventionnelles. Exit totalement le Code : ça vaut de la qualifier d’obèse.

 

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12 juin 2015

Ne laissons pas les entreprises dicter l’info - Stop à la Directive Secret des Affaires !

Bientôt, les journalistes et leurs sources pourraient être attaqués en justice par les entreprises s’ils révèlent ce que ces mêmes entreprises veulent garder secret. A moins que nous ne réagissions pour défendre le travail d’enquête des journalistes et, par ricochet, l’information éclairée du citoyen. 

Sous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur européen prépare une nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme, le "secret des affaires", dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en Europe.

Avec la directive qui sera bientôt discutée au Parlement, toute entreprise pourra arbitrairement décider si une information ayant pour elle une valeur économique pourra ou non être divulguée. Autrement dit, avec la directive "Secret des Affaires", vous n’auriez jamais entendu parler du scandale financier de Luxleaks, des pesticides de Monsanto, du scandale du vaccin Gardasil... Et j’en passe.

Notre métier consistant à révéler des informations d’intérêt public, il nous sera désormais impossible de vous informer sur des pans entiers de la vie économique, sociale et politique de nos pays. Les reportages de "Cash Investigation", mais aussi d’autres émissions d’enquête, ne pourraient certainement plus être diffusés.

Avec ce texte, un juge saisi par l’entreprise sera appelé à devenir le rédacteur en chef de la Nation qui décide de l’intérêt ou non d’une information. Au prétexte de protéger les intérêts économiques des entreprises, c’est une véritable légitimation de l’opacité qui s’organise.

Si une source ou un journaliste "viole" ce "secret des affaires", des sommes colossales pourraient lui être réclamées, pouvant atteindre des millions voire des milliards d’euros, puisqu’il faudra que les "dommages-intérêts correspond(ent) au préjudice que celui-ci a réellement subi". On pourrait même assister à des peines de prison dans certains pays.

Face à une telle menace financière et judiciaire, qui acceptera de prendre de tels risques ? Quel employé - comme Antoine Deltour à  l’origine des révélations sur le  le scandale Luxleaks - osera dénoncer les malversations d’une entreprise? Les sources seront les premières victimes d’un tel système, mais  pas un mot ne figure dans le texte pour assurer leur protection.

Les défenseurs du texte nous affirment vouloir défendre les intérêts économiques des entreprises européennes, principalement des "PME". Étonnamment, parmi  celles qui ont été en contact très tôt avec la Commission, on ne relève pas beaucoup de petites PME, mais plutôt des multinationales rôdées au lobbying : Air Liquide, Alstom, DuPont, General Electric, Intel, Michelin, Nestlé et Safran, entre autres.

Ces entreprises vont utiliser ce nouveau moyen offert sur un plateau pour faire pression et nous empêcher de sortir des affaires …

Vu l’actualité Luxleaks, nous ne tolérons pas que nos élus se prononcent sur un texte aussi grave pour la liberté d'expression sans la moindre concertation avec les représentants de la presse, les lanceurs d'alertes et les ONG.  Seuls les lobbies industriels ont été consultés.

Nous, journalistes, refusons de nous contenter de recopier des communiqués de presse pour que vous, citoyens, restiez informés. Et comme disait George Orwell : "Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques".

C’est pourquoi je demande, avec l’ensemble des signataires ci-dessous, la suppression de cette directive liberticide.

Le 16 juin prochain, une commission de députés européens, la commission JURI, se réunira pour valider ou non ce texte. C'est le moment de nous mobiliser pour dire non à la censure en Europe.

Signez la pétition et partagez la vidéo.

Posté par PS95600 à 11:29 - Permalien [#]

10 juin 2015

Profession de foi de MANON COMTE pour l'élection du secrétaire de section d-Eaubonne-Montlignon

Chère Camarade, cher camarade,
Alors que s’est achevé ce week-end, la période du congrès où nous prononçons sur l’orientation politique de notre parti et l’élection du premier secrétaire national, il nous en faut aborder la dernière étape. Dans ce cadre, je te présente ma candidature au poste de secrétaire de section d’Eaubonne-Montlignon. A cette occasion, je tiens à saluer le travail effectué par Axel qui a fait le choix de ne pas se représenter à cette fonction. Je souhaite, de la même manière, organiser un travail militant et collectif respectant les envies de chacun.
Nous vivons actuellement une période difficile pour la gauche et notre parti. Le contexte national et les défaites successives aux dernières élections sont à même de nous inquiéter à la fois sur la montée du Front National et sur notre capacité à mobiliser notre électorat. Lors des élections départementales où j’ai pu être candidate, nous avons pu mesurer, avec les camarades, l’éloignement des électeurs de gauche des questions politiques, qui pourtant ont bien des conséquences sur leur quotidien. Nous avons donc la responsabilité de créer de nouvelles dynamiques afin de les impliquer dans des choix politiques qui les concernent directement tout en continuant de défendre, au quotidien, nos valeurs socialistes de justice sociale et d’égalité.
Forte de mon expérience d’animatrice fédérale du Mouvement des Jeunes Socialistes du Val d’Oise depuis bientôt deux ans, c’est avec un sentiment de responsabilité et d’enthousiasme que je vous présente ma candidature. Toutefois, j’ai également pu mesurer les difficultés auxquelles est confrontée notre famille politique. Ces difficultés ne doivent pas nous faire renoncer à l’objectif de voir de nouveaux adhérents rejoindre la section dans un contexte où le futur de la gauche se jouera grandement au sein du Parti socialiste. C’est par le travail de terrain que nous arriverons à reconstruire du lien avec nos concitoyens. A nous d’inventer de nouvelles formes de militantisme afin de préparer les victoires futures, qui je l’espère, seront nombreuses.
Egalement membre des instances fédérales, je pourrai faire le lien avec la fédération afin de faire remonter les attentes et interrogations. Il s’agira également de défendre les revendications et les intérêts de notre section.
Dans un contexte national de défiance et désillusion, je crois à notre utilité en tant que première force de gauche sur nos villes et à la nécessité de continuer à militer ensemble avec le plaisir de la camaraderie.
Je reste, bien sûr, à ta disposition pour en discuter et compte sur toi pour continuer les combats qui seront nombreux à mener.
Amitiés socialistes,
Manon Comte

Posté par PS95600 à 11:05 - - Permalien [#]
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