La Rose dans la vallée

30 juin 2015

« En Grèce, les créanciers fabriquent la désunion européenne » Tribune d'Emmanuel Maurel.

L’accélération des événements et l’incertitude sur l’avenir de la Grèce ne doivent pas occulter que les créanciers, pendant près de quatre années, ont eu les mains libres en Grèce à travers la tutelle qu’exerçait la « troïka » [Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international] de facto sur toutes les réformes, entre 2011 et 2014.

Le bilan des mesures imposées à la Grèce est catastrophique sur tous les plans : loin de maîtriser la dette grecque, elles l’ont fait exploser ; loin de renouer avec la croissance, elles ont amputé le produit intérieur brut (PIB) du pays de près de 25 % ; enfin, loin de reconstruire des capacités administratives fortes, elles ont déstructuré les administrations sans s’attaquer clairement à la levée de l’impôt.

La pauvreté en Grèce n’est pas une donnée intrinsèque : l’austérité a fait continuellement augmenter le nombre de personnes concernées, qui sont aujourd’hui plus de 3 millions (sur une population de 11 millions d’habitants) à être sous le seuil de pauvreté.

Humiliation

L’actuel gouvernement grec, qui a hérité cette situation de crise économique, sociale et humanitaire sans précédent, aurait dû être soutenu depuis le début dans sa volonté de renouer avec la croissance, de sortir la population de la pauvreté, et de reconstruire des services publics viables dans le pays.

Des mois durant, alors même que le mandat qu’il avait reçu du peuple grec était clair contre l’austérité, Alexis Tsipras a fait plusieurs propositions de concessions. Lundi dernier, la Grèce acceptait même l’objectif de solde budgétaire qui lui était proposé par les créanciers, avec de nombreuses propositions de relèvement et d’amélioration de la fiscalité, et l’allongement de la retraite de 62 à 67 ans !

Dans une volonté d’humiliation qui ne fait plus de doute, les créanciers, dont le FMI, ont à peine daigné examiner ces propositions. Incapables de faire à leur tour des concessions, ils demeurent enfermés dans le dogme des coupes budgétaires et de la dévaluation interne. Ils ont une nouvelle fois opposé aux propositions grecques le même panier de mesures qui n’a donné aucun résultat jusqu’à présent, ni sur la dette, ni sur la croissance, encore moins sur l’activité des entreprises, le chômage, l’éducation et la santé.

Mépris et irrespect

Face à une telle absence de dialogue, et une si faible recherche de compromis, il est parfaitement légitime que le gouvernement grec soumette les propositions des créanciers à un examen démocratique. L’enjeu est historique pour la Grèce, et sa souveraineté ne peut se négocier hors du mandat qui a été donné en janvier.

Le mépris et l’irrespect qu’ont témoigné les responsables européens à ce choix courageux, encore aujourd’hui par la voix de Jean-Claude Juncker qui dénigre des « méthodes » qui ne sont autres que la démocratie, illustrent leur abandon coupable à des règles financières qu’ils font prévaloir sur les règles démocratiques.

Jean-Claude Juncker l’avait dit après l’élection de Syriza : « Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens », aujourd’hui, l’Europe entière confirme cette absurde négation de la souveraineté démocratique. L’histoire retiendra-t-elle qu’en 2011, l’Europe s’est mobilisée pour sauver les banques qui détenaient de la dette grecque, et qu’en 2015, elle pousserait un de ses membres à sortir de la monnaie commune ? La dérive autoritaire des créanciers est en train de fabriquer une désunion européenne.

Responsabilité historique

La pression infligée à la Grèce révèle aussi l’importance des décisions prises sans délibération et sans examen démocratique. La Banque centrale européenne (BCE) a été un élément actif de l’asphyxie grecque ces derniers mois, en dévaluant unilatéralement la valeur des collatéraux qu’elle acceptait des banques grecques, ou en refusant de donner de la prévisibilité aux liquidités qu’elle fournit au système bancaire.

Ironie de l’histoire, alors que deux rapports (du Parlement européen et des présidents des institutions européennes) sortaient la semaine dernière pour dresser les pistes d’approfondissement de la zone euro, aucun n’évoque la question de la BCE, aucun n’évoque un réel contrôle démocratique de la coordination des politiques économiques.

A présent, l’Europe fait face à une responsabilité historique : ou bien elle devra assumer les conséquences politiques, financières, et géopolitiques d’un « Grexit » ; ou bien elle laisse du temps à la Grèce. Car cette situation ne peut se répéter indéfiniment. Je m’associe aux très nombreuses voix qui se sont élevées, en Europe et ailleurs, par des prix Nobel d’économie, par l’ancien dirigeant du FMI, pour affirmer que la Grèce doit maintenant pouvoir mener ses réformes sans être bloquée par des négociations qui ne permettront que de rembourser les échéances des deux prochains mois. Il faut impérativement respecter trois étapes :

1/Clôturer le « programme d’ajustement macroéconomique » qui n’a pas donné satisfaction, et cesser cette logique de perfusion financière. La Grèce ne doit pas faire l’objet de nouveaux prêts, mais elle ne doit pas faire non plus l’objet d’une tutelle économique implicite.

2/De façon complémentaire, une restructuration et un rééchelonnement de la dette sont inévitables. Tous les acteurs savent aujourd’hui que la dette grecque n’est pas soutenable, et que la manière la plus durable de la gérer pour éviter le défaut de paiement est de la restructurer.

En outre, la commission parlementaire en charge de l’audit de la dette grecque, qui répondait à une exigence européenne à laquelle seule la Grèce s’est conformée dans la zone euro, a montré qu’une partie substantielle de cette dette a été contractée de façon indue, pour financer le sauvetage d’intérêts financiers privés.

3/Jusqu’à présent, il est important de rappeler que la situation grecque est gérée par des procédures qui ne sont pas celles de l’Union européenne, mais des instruments et des règles ad hoc instaurées par des traités intergouvernementaux. La troisième étape consiste donc, après une à deux années de réformes en Grèce, à réinsérer le pays dans les procédures communautaires (de l’Union européenne), et parallèlement, à réintégrer aussi le Mécanisme européen de stabilité, qui détient la dette grecque pour les Etats membres, dans le champ communautaire.

Unité

En dehors de cette voie, l’Europe se condamne à être aveugle. Aveugle politiquement, car il serait illusoire et présomptueux de penser que nous pourrions, aujourd’hui, refuser la souveraineté démocratique en Grèce, et demain, mener démocratiquement des réformes alternatives dans nos pays et en Europe en général.

Dire « there is no alternative » à la Grèce, c’est le dire à l’Europe, et c’est le dire à la France. Aveugle stratégiquement, enfin, car la Grèce, poussée hors de la zone euro, ne cessera pas d’exister pour autant. Elle se tournera alors vers d’autres partenaires pour nouer des liens et bâtir des projets : la Russie et la Chine.
Les Etats-Unis viennent d’envoyer des armes lourdes, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en Europe de l’Est (pays baltes et Pologne). Si l’Europe, dans cette nouvelle escalade Est-Ouest, veut construire une politique étrangère indépendante, ou du moins jouer un rôle propre, elle doit d’abord faire la preuve de son unité. Sans unité et sans respect de la souveraineté, l’Europe serait condamnée à l’alignement.

Emmanuel Maurel (Député européen)

Retrouvez cette tribune sur le site du Monde

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23 juin 2015

Chirac, Sarkozy, Hollande écoutés par le Renseignement américain

Une Libe du 14 janvier 2015.

Une série de documents que publie Libération en collaboration avec WikiLeaks révèle que ce sont trois présidents successifs, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, et François Hollande —et certains de leurs collaborateurs— qui ont été espionnés, sur une période allant au moins de 2006 à mai 2012, juste après l'installation à l'Elysée de François Hollande.

Les cinq rapports d'analyse que nous publions émanent de la NSA. Ils sont tous sont classifiés «Top Secret».

Pour la première fois, un journal publie la preuve irréfutable que les Etats-Unis exercent, depuis 2002 au moins, leur surveillance du monde jusqu’aux conversations personnelles des présidents de la République française. Ces documents ont été analysés par la rédaction de Libération.

http://www.liberation.fr/monde/2015/06/24/espionnage-de-l-elysee
MEDIAPART
 
MEDIAPART
 
 
2006-2012: Hollande, Sarkozy et Chirac  écoutés
PAR FABRICE ARFI, JÉRÔME HOURDEAUX, JULIAN ASSANGE (WIKILEAKS)

Au-delà des trois chefs d'État français, des ministres, des hauts fonctionnaires, des parlementaires et des diplomates ont été surveillés téléphoniquement pendant près d’une décennie par les services secrets américains, selon des documents obtenus par WikiLeaks.

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22 juin 2015

Campagne 2big2tax : non à la désertion fiscale des multinationales !

soutenez la campagne 2big2tax : non à la désertion fiscale des multinationales !

La commission européenne évalue aujourd’hui le coût de l’évasion fiscale à Mille Milliards d’euros chaque année pour les budgets européens, soit l’équivalent du budget français. C’est un fait: les grandes entreprises mondiales ne contribuent plus leur juste part d’impôt. Une armée de comptables et de juristes leur permet de savantes esquives, en prétendant réaliser la majorité de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Nous exigeons une action déterminée des autorités publiques nationales et européennes pour mettre fin à cette situation.

Nous lançons donc ici une nouvelle initiative, structurée autour d’une pétition que vous trouverez à l’adresse suivante, et que nous vous invitons bien évidemment à signer :

www.2big2tax.eu

Pas d’entreprise “too big to tax”
Au moment de la crise, nous avons été contraints de renflouer à grands coups d’argent public les banques, car elles étaient trop essentielles au fonctionnement de l’économie pour qu’on les laisse faire faillite. Bien que leurs tourments ne venaient que de ce qu’elles avaient joué sans limites avec l’argent des autres, elles étaient « too big to fail ». Les citoyens ont contribué à ce sauvetage collectif du monde bancaire, et les PME. Nous ne pouvons pas accepter une seconde que les entreprises multinationales n’y participent pas parce qu’elles seraient « too big to tax », trop puissantes pour être imposées.

L’impôt, notre bien commun
Payer l’impôt est toujours désagréable. Mais c’est à partir des contributions de ceux qui vivent et travaillent dans un territoire, qu’ensemble nous finançons la solidarité, les services publics, la transition énergétique et les investissements de demain. Les grandes entreprises réalisent des profits dans les pays développés parce qu’elles y trouvent des salariés formés, en bonne santé, des systèmes de transport efficaces et tant d’autres avantages. Quand elles en bénéficient elles doivent naturellement y participer, sinon l’effort retombe intégralement sur les individus et les PME.

Travailler ici, déclarer les impôts ailleurs
En travaillant un échantillon représentatif d’entreprises, l’économiste Gabriel Zucman a calculé qu’elles déclarent que 15 % de leurs bénéfices mondiaux ont été réalisés dans des paradis fiscaux qui représentent 2 % de l’économie mondiale. C’est totalement irréel, et n’est possible que parce que chaque groupe donne des informations différentes à chaque administration nationale. Pour prendre l’exemple fameux de Google, cette entreprise a déclaré au fisc américain que son siège se situe en Irlande. Dans le même temps, elle indique aux Européens qu’il se trouve aux Bermudes ! Une part importante des profits de Google n’est donc taxée, ni aux Etats-Unis, ni en Europe.

Les administrations fiscales doivent cesser de se laisser duper
Chacun doit contribuer à hauteur des profits qu’il réalise, à l’endroit où il les réalise. C’est possible, à condition que les administrations fiscales cessent de se laisser duper séparément. Nous appelons les autorités publiques à mettre leurs ressources en commun pour :
– cibler prioritairement le club des entreprises « too big to tax », au cœur des réseaux mondiaux de dérobade à l’impôt.
– adapter la législation fiscale pour faire face.
– agir au niveau européen, d’égal à égal avec ces Goliath
– coopérer dès maintenant en initiant des enquêtes communes sur les déserteurs fiscaux les plus notoires.

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19 juin 2015

Les réfugiés et nous, les Européens

par Bernard Guetta

visuel Géopolitique

(ré)écouter cette émission

Voyons les chiffres. Le Liban et ses 6 millions d’habitants accueillent aujourd’hui plus d’un million deux cent mille réfugiés, essentiellement syriens. La Jordanie, 8 millions d’habitants, en accueille plus de 600 000. La Turquie, 77 millions d’habitants, en a déjà plus d’un million huit cent mille sur son territoire.

L’Union européenne compte, elle, 500 millions d’habitants et se considère en état de siège et menacée des pires maux car 100 000 réfugiés ont atteint ses côtes, dix-huit fois moins qu’en Turquie.

Alors que dire ?  

Force est, d’abord, de constater que des pays de tradition chrétienne semblent avoir totalement oublié ce que sont la charité et la compassion, alors que des pays musulmans, et infiniment moins riches, font preuve de ces vertus. C’est là qu’il y a de quoi s’inquiéter sur notre identité car ces visages d’enfants hagards et de parents désespérés ont beau s’afficher en première page de nos journaux, le pape a beau s’époumoner à rappeler l’Europe - non pas l’Union européenne mais chacun de nous, les Européens - au devoir d’humanité, nous détournons nos regards, bouchons nos oreilles et fermons nos cœurs.

Oui, dira-t-on, mais la compassion ne peut pas commander la politique, exercice de réalisme qui a ses exigences propres, si dures soient-elles. Oui, c’est vrai, mais alors, parlons politique.

La France se rend-elle compte que son capital international, l’atout maître qui fait d’elle une nation singulière aux yeux du monde et lui procure, puisqu’il faut être réaliste, tant d’avantages économiques, est d’être la patrie des droits de l’homme, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité ? Si tant des plus éduqués de ces réfugiés fuyant égorgeurs et dictateurs rêvent de la France, c’est parce qu’elle a cette image, cet atout essentiel que nous sommes en train de gaspiller et bientôt perdre en ayant été les premiers à refuser la répartition des réfugiés entre les 28 que la Commission européenne avait tant raison de proposer.

Oui, oui dira-t-on, mais plus de générosité ferait le jeu du Front national en France et, partout ailleurs en Europe, des formations de ce type. Ah, oui ?

Eh bien non, au contraire, car c’est en adoptant l’attitude de ces partis et collant à eux qu’on laisse croire que ces réfugiés constitueraient un danger contre lequel il faudrait se prémunir et qu'on donne ainsi raison aux nouvelles extrêmes-droites.

Et puis enfin, soyons réalistes - soyons ne serait-ce qu’un peu politiques - qui sont ces réfugiés si ce n’est nos alliés ? Que dénonce leur fuite si ce n’est la barbarie de ces jihadistes que nous avons raison de craindre et de combattre ?

Ils sont nos alliés, et nous les rejetons. Nous les rejetons et permettons par-là aux jihadistes de moquer les démocrates arabes et leurs prétendus amis des démocraties européennes. Nous nous tirons, autrement dit, dans le pied parce que nous avons peur de malheureux dont toute l’ambition est d’échapper à la mort. Vous, je ne sais pas mais, moi, tant de stupidité me fait honte.

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17 juin 2015

Nouvelle war game : les salons à la mode trouvent le code du travail « obèse »

 Par gerard filoche (voir sur son blog)

 

Ca y est après le politicien Bayrou qui n’a jamais travaillé et qui sort le code du travail a la télévision comme un crachat, après les UMPIR qui le maudissent tous les jours, après Jean-Marie Le Guen qui assure que le code du travail est « répulsif pour l’emploi », voilà les salons parisiens qui s’y mettent.

Ils n’en ont jamais eu besoin pour se protéger de la souffrance au travail mais, comme Le Monde » en « une » ça devient pour eux un « war game », « la nouvelle bataille du code du travail » et il s’agit de le trouver « obèse »

Ils ne parlent pas du fond mais de la forme. Par exemple, Le Monde parle de ré écrire le code en ignorant qu’il l’a été de fond en comble entre décembre 2004 et le 1er mai 2008. Même Bayrou ne doit pas se souvenir que le nouveau code 994 pages format A4 a été promulgué par Chirac en mars 2007 en pleine campagne présidentielle, sans qu’un seul candidat en dise un seul mot… qu’il a été voté au Sénat en 20’ en septembre 2007 et à l’assemblée nationale en 8 h le 4 décembre 2007, que le Conseil constitutionnel l’a approuvé en janvier 2008, et qu’il est entré en vigueur le 1er mai 2008.

Il a alors été allégé de 10 %, il fait 675 p de lois et non pas 3990 p car il y a 3300 pages de commentaires  il n’est pas « obèse », c’est l’édition Dalloz (Sagan amendée par Proust). La droite l’a déjà passé à l’acide, pendant dix ans,  supprimant 500 lois tout en divisant les 1150 lois en 3850 sous-lois… supprimant un livre sur neuf, enlevant 1, 5 millions de signes ! C’est le plus petit des codes et seulement 10 lois servent aux prud’hommes !

Mais ces gens, politiciens riches et salonnards, s’en moquent qu’il ait fallu un siècle pour écrire le code du travail de 1910 à 2015, et que ce texte dans sa richesse, son ampleur, témoigne de l’évolution des rapports de force sociaux de décennie en décennie. Ils s’en moquent qu’on soit passé de 3 millions de salaries à 18 millions de salariés, que 93 % des actifs soient salariés et dépendent du Code : ils sont en croisade pour le ré écrire encore une fois, le passer à l’acide des rapports de force actuels. Il s’agit en baissant encore et encore les droits du travail de baisser le coût du travail et d’augmenter la rentabilité du capital.

Le code du travail, Parisot, Gattaz, Macron, Le Guen, Fillon, Larcher, Bertrand, Le Maire,  combattent pour le supprimer littéralement depuis une décennie. Ils avancent inexorablement derrière n’importe quel argument, et le dernier et le plus stupide d’entre eux « l’obésité », fait leur affaire.

La loi Macron (article 83) vient de nicher par 49 3 une bombe thermonucléaire contre le principe même de l’existence d’un code du travail en modifiant l’article 2064 et la loi du 8 février 1995 du Code civil. Il s’agit de permettre qu’une relation de travail ne relève plus des lois et accords collectifs, mais d‘un accord de gré à gré. Il s’agit, comme le colloque du Medef de mars 2011, de remplacer la « subordination » avec contrepartie, par une « soumission librement consentie » (« compliance without pressure ») sans contrepartie. Il s’agit de faire de chaque salarié l’égal individuel … de son patron pour mieux lui enlever ses droits et protections collectives, légales ou conventionnelles. Exit totalement le Code : ça vaut de la qualifier d’obèse.

 

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12 juin 2015

Ne laissons pas les entreprises dicter l’info - Stop à la Directive Secret des Affaires !

Bientôt, les journalistes et leurs sources pourraient être attaqués en justice par les entreprises s’ils révèlent ce que ces mêmes entreprises veulent garder secret. A moins que nous ne réagissions pour défendre le travail d’enquête des journalistes et, par ricochet, l’information éclairée du citoyen. 

Sous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur européen prépare une nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme, le "secret des affaires", dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en Europe.

Avec la directive qui sera bientôt discutée au Parlement, toute entreprise pourra arbitrairement décider si une information ayant pour elle une valeur économique pourra ou non être divulguée. Autrement dit, avec la directive "Secret des Affaires", vous n’auriez jamais entendu parler du scandale financier de Luxleaks, des pesticides de Monsanto, du scandale du vaccin Gardasil... Et j’en passe.

Notre métier consistant à révéler des informations d’intérêt public, il nous sera désormais impossible de vous informer sur des pans entiers de la vie économique, sociale et politique de nos pays. Les reportages de "Cash Investigation", mais aussi d’autres émissions d’enquête, ne pourraient certainement plus être diffusés.

Avec ce texte, un juge saisi par l’entreprise sera appelé à devenir le rédacteur en chef de la Nation qui décide de l’intérêt ou non d’une information. Au prétexte de protéger les intérêts économiques des entreprises, c’est une véritable légitimation de l’opacité qui s’organise.

Si une source ou un journaliste "viole" ce "secret des affaires", des sommes colossales pourraient lui être réclamées, pouvant atteindre des millions voire des milliards d’euros, puisqu’il faudra que les "dommages-intérêts correspond(ent) au préjudice que celui-ci a réellement subi". On pourrait même assister à des peines de prison dans certains pays.

Face à une telle menace financière et judiciaire, qui acceptera de prendre de tels risques ? Quel employé - comme Antoine Deltour à  l’origine des révélations sur le  le scandale Luxleaks - osera dénoncer les malversations d’une entreprise? Les sources seront les premières victimes d’un tel système, mais  pas un mot ne figure dans le texte pour assurer leur protection.

Les défenseurs du texte nous affirment vouloir défendre les intérêts économiques des entreprises européennes, principalement des "PME". Étonnamment, parmi  celles qui ont été en contact très tôt avec la Commission, on ne relève pas beaucoup de petites PME, mais plutôt des multinationales rôdées au lobbying : Air Liquide, Alstom, DuPont, General Electric, Intel, Michelin, Nestlé et Safran, entre autres.

Ces entreprises vont utiliser ce nouveau moyen offert sur un plateau pour faire pression et nous empêcher de sortir des affaires …

Vu l’actualité Luxleaks, nous ne tolérons pas que nos élus se prononcent sur un texte aussi grave pour la liberté d'expression sans la moindre concertation avec les représentants de la presse, les lanceurs d'alertes et les ONG.  Seuls les lobbies industriels ont été consultés.

Nous, journalistes, refusons de nous contenter de recopier des communiqués de presse pour que vous, citoyens, restiez informés. Et comme disait George Orwell : "Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques".

C’est pourquoi je demande, avec l’ensemble des signataires ci-dessous, la suppression de cette directive liberticide.

Le 16 juin prochain, une commission de députés européens, la commission JURI, se réunira pour valider ou non ce texte. C'est le moment de nous mobiliser pour dire non à la censure en Europe.

Signez la pétition et partagez la vidéo.

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10 juin 2015

Profession de foi de MANON COMTE pour l'élection du secrétaire de section d-Eaubonne-Montlignon

Chère Camarade, cher camarade,
Alors que s’est achevé ce week-end, la période du congrès où nous prononçons sur l’orientation politique de notre parti et l’élection du premier secrétaire national, il nous en faut aborder la dernière étape. Dans ce cadre, je te présente ma candidature au poste de secrétaire de section d’Eaubonne-Montlignon. A cette occasion, je tiens à saluer le travail effectué par Axel qui a fait le choix de ne pas se représenter à cette fonction. Je souhaite, de la même manière, organiser un travail militant et collectif respectant les envies de chacun.
Nous vivons actuellement une période difficile pour la gauche et notre parti. Le contexte national et les défaites successives aux dernières élections sont à même de nous inquiéter à la fois sur la montée du Front National et sur notre capacité à mobiliser notre électorat. Lors des élections départementales où j’ai pu être candidate, nous avons pu mesurer, avec les camarades, l’éloignement des électeurs de gauche des questions politiques, qui pourtant ont bien des conséquences sur leur quotidien. Nous avons donc la responsabilité de créer de nouvelles dynamiques afin de les impliquer dans des choix politiques qui les concernent directement tout en continuant de défendre, au quotidien, nos valeurs socialistes de justice sociale et d’égalité.
Forte de mon expérience d’animatrice fédérale du Mouvement des Jeunes Socialistes du Val d’Oise depuis bientôt deux ans, c’est avec un sentiment de responsabilité et d’enthousiasme que je vous présente ma candidature. Toutefois, j’ai également pu mesurer les difficultés auxquelles est confrontée notre famille politique. Ces difficultés ne doivent pas nous faire renoncer à l’objectif de voir de nouveaux adhérents rejoindre la section dans un contexte où le futur de la gauche se jouera grandement au sein du Parti socialiste. C’est par le travail de terrain que nous arriverons à reconstruire du lien avec nos concitoyens. A nous d’inventer de nouvelles formes de militantisme afin de préparer les victoires futures, qui je l’espère, seront nombreuses.
Egalement membre des instances fédérales, je pourrai faire le lien avec la fédération afin de faire remonter les attentes et interrogations. Il s’agira également de défendre les revendications et les intérêts de notre section.
Dans un contexte national de défiance et désillusion, je crois à notre utilité en tant que première force de gauche sur nos villes et à la nécessité de continuer à militer ensemble avec le plaisir de la camaraderie.
Je reste, bien sûr, à ta disposition pour en discuter et compte sur toi pour continuer les combats qui seront nombreux à mener.
Amitiés socialistes,
Manon Comte

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08 juin 2015

Adélaïde Piazzi, candidate au Premier secrétariat fédéral du PS Val-d'Oise, 11 juin 2015

 

Ensemble pour une fédération combative & conviviale

Cher(e) camarade,

J’ai l’honneur et le plaisir de solliciter votre suffrage le 11 juin prochain pour l’élection du premier secrétaire de notre fédération. C’est un vote important pour l‘avenir de notre fédération, de nos sections et de nos territoires et je t’invite à y participer.

Avec les camarades de la motion B, nous sommes heureux d’avoir réveillé le parti pendant ce congrès. Le scrutin du 21 mai dernier a donné un résultat clair, la motion A est majoritaire. Dès lors, nous lui rappellerons, dans un esprit de vigilance, ses engagements. Nos craintes ne sont effectivement pas dissipées : une réforme fiscale a minima, le retour de la loi Macron, la hausse du chômage… les nouvelles ne sont pas bonnes.

Cependant, aujourd’hui, le temps des motions est derrière nous. Les camarades valdoisiens devront choisir le 11 juin celui ou celle qui sera le plus apte à animer notre fédération, à travailler au service de l’intérêt général et à rassembler les camarades et nos partenaires.

Comme beaucoup, je souhaite que ce parti reste en lien avec la société civile, que celle-ci demeure représentée parmi nos élus, parmi nos représentants.
Pendant six années, de 2008 
à 2014, j'ai exercé un mandat, celui de Première adjointe au Maire au sein de l’équipe municipale de Montmorency, et je sais donc par expérience qu’il était, parfois, difficile de le rendre compatible avec l'exercice d'une profession.
Aussi, à la tête de cette fédération, je souhaite 
pouvoir compter sur d'autres forces et c'est pourquoi j'ai demandé à Antoine Raisseguier d'être à mes côtés pour coordonner l'action qui doit permettre à cette fédération de retrouver un dialogue et une richesse de projets.

Te 
présenter un binôme est également une manière de réintroduire une logique collective dans une démarche que trop souvent on personnalise à outrance, signe des dégâts produits par les institutions "présidentialistes" de la V
ème République sur notre parti et dans nos propres comportements collectifs.

Avec Antoine, nous vous ferons dans les jours qui viennent un ensemble de propositions autour de trois grands axes :

  1. Engager le travail idéologique et culturel, qui fait tant défaut, à travers la communication aux militants, leur information, leur formation et leur mise en réseaux ;
  2. Faire vivre le débat autour des enjeux territoriaux et des politiques publiques locales, dans un contexte territorial mouvant, afin de préparer l’avenir de notre département et de nos communes, face à une droite départementale qui se veut hégémonique ;
  3. Renouer avec la convivialité, afin que les militants, nouveaux ou aguerris, puissent trouver au sein de notre fédération un espace de débat fraternel et de camaraderie.

Le 11 juin, j’espère pouvoir compter sur toi. Tu peux compter sur moi et l’équipe qui m’entoure pour faire vivre notre belle fédération.

Amitiés socialistes,

Adélaïde Piazzi

Adélaïde Piazzi

 

Adhérente au parti depuis 1986, fidèle à la section de Montmorency, je suis arrivée en politique par le syndicalisme étudiant.
Je mène responsabilités politiques et exercice professionnel en parallèle. Ce qui me motive c'est d'être utile à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Aussi, lorsque nous essuyons des échecs électoraux, c'est à elles et à eux que je pense. Même si parfois ils y ont contribué par un abstentionnisme que je n'ai pas le cœur de leur reprocher, c'est eux qui souffrent en première ligne lorsque la gauche n'est plus là. Alors pour ce département, je souhaite être actrice de la reconquête.
Antoine Raisseguier
Adhérent au Parti Socialiste et militant de la section de Franconville depuis 2005, secrétaire de section depuis 2008, j’anime le groupe d’opposition depuis 2012 au sein du conseil municipal.
J’ai été membre de la direction fédérale sortante jusqu’en mai 2014, date à laquelle j'en ai démissionné.
Je milite dans un territoire, la vallée de Montmorency, où la droite est aujourd’hui hégémonique.
Sensible aux questions éducatives et d’aménagement du territoire, je suis convaincu que notre fédération doit appuyer le travail des élus et des militants dans la bataille culturelle locale.

 

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Avec Rachid Temal, Engageons la reconquête !

Avec Rachid Temal, engageons la reconquête !

Jeudi 11 juin, vous désignerez votre prochain secrétaire de section. Vous désignerez aussi celui ou celle qui aura la charge d’animer notre Fédération jusqu’au prochain Congrès. J’ai l’honneur de vous demander de m’accorder à nouveau votre confiance, pour continuer à vous représenter et poursuivre le travail engagé.

Depuis 2012, avec une équipe fédérale paritaire et renouvelée, j’ai veillé à la sérénité des débats internes. J’ai veillé aussi à collégialité de toutes nos actions, de la formation à la préparation des élections, des Ateliers du changement au Banquet républicain, de la Convention Europe aux Etats généraux du socialisme. J’ai été aussi à votre rencontre, autant que possible, lors de vos AG, vos vœux de section ou vos campagnes électorales,

Aujourd’hui, je me présente devant vous avec une conviction renforcée : il nous faut une Fédération organisée, puissante et bien armée, pour gagner les dures batailles idéologiques et électorales qui nous attendent. Demain, il nous faut engager la reconquête politique sur tous les terrains.

Comment ? Je veux donner la priorité à la formation de nos secrétaires et trésoriers de section, de nos élus et futurs cadres et surtout de tous les militants. Je veux aussi consolider nos sections et leur donner les moyens d’agir efficacement sur tout le territoire. Enfin je veux renouer l’alliance avec nos partenaires politiques, les associations, les syndicats et la société civile.

Avec votre confiance renouvelée, je serai le garant de l’unité des socialistes. Une unité que vous avez réaffirmée avec clarté lors du Congrès. Je continuerai à être présent sur le terrain, proche de vous, avec sincérité et camaraderie. Vous le savez, c’est ma manière de faire en politique, c’est ma conception des rapports humains.

Demain, vous pourrez à nouveau compter sur mon engagement quotidien, à vos côtés, au service de notre Fédération.

Votre Premier secrétaire fédéral
Rachid Temal

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05 juin 2015

Denise Cacheux, socialiste rieuse (France-Inter)

Pierre Mauroy en janvier 1984 © Max PPP - 2015

Nantes, Metz, Brest, Rennes  Grenoble, Dijon… Chaque congrès du PS, depuis, présente le même ordonnancement : les stands des uns et des autres, les délégations des partis amis, les travées réservées à ce qu’on appelait les Bouches du Nord, les puissantes fédérations de Marseille et de Lille. A Dijon, Denise Cacheux fut éjectée du Conseil national. Cela ne l’empêche pas d’être à Poitiers cette fois encore. Pareillement, en 1992, ses chers camarades du Nord ne lui avaient pas renouvelé l’investiture aux législatives qui suivaient. Elle avait du coup perdu son siège de députée : elle ne se serait certes pas représentée en son nom propre : on n’a pas raison seule contre son parti. Certains de ses adversaires de droite à l’Assemblée avaient alors constitué un comité pour la soutenir. Le RPR Eric Raoult – on disait RPR à l’époque - avait ainsi déclaré qu’elle incarnait « un socialisme populaire et souriant qu’il situait aux antipodes de la gauche caviar ». C’était sûrement pour elle un beau compliment. Le soir de son bac, son père, cheminot cégétiste, avait débouché la première bouteille de champagne de sa vie et il avait prédit : « Te voilà passée de l’autre côté ». Toute sa vie, Denise Cacheux s’est employée à le démentir. Elle n’a pas conçu la responsabilité politique comme une ascension sociale et pas davantage le Parti socialiste comme le parti de la « bourgeoisie avancée ».

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04 juin 2015

Urbanisme à Eaubonne : la grande tromperie

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Le Maire avait promis de ne pas densifier la ville, et tout le monde avait compris qu’aucune construction collective ne verrait le jour durant son mandat. Il a d’ailleurs fait une grande publicité de sa décision d’arrêter la dernière tranche de l’aménagement du Val Joli. Décision dommageable dont nous avons détaillé les impacts dans notre précédent journal. Aujourd’hui, virage à 180°, avec le plus grand cynisme, masqué sous le mot «réalisme».

 

Le P.L.U. révisé

La municipalité lance une révision du Plan Local d’Urbanisme. Cette révision est obligatoire, afin d’adapter le P.L.U. aux dernières lois, Grenelle II et Alur. Mais dans la longue liste des objectifs fixés, en plus de ceux obligatoires, après la préservation des secteurs pavillonnaires, on découvre la volonté de densifier le long des axes principaux de la ville. Nous participerons activement à cette révision pour qu’un véritable débat ait lieu sur l’avenir de notre ville, pour un développement maîtrisé, respectueux de l’identité d’Eaubonne.

 

Le P.L.U actuel a été approuvé par le Maire

Aujourd’hui, le  Maire  use et abuse de l’argument «c’est à cause du P.L.U. de mon prédécesseur». Ce P.L.U., il l’a approuvé, il l’a voté ! Que sera le sien ? Quelle excuse trouvera-t-il à l’abandon de ses promesses de campagne ? Quel est son véritable projet pour notre ville ?

 

Des promoteurs en liberté

Le Maire vante des projets privés auprès des riverains,  tout en se dédouanant de toute responsabilité sur leur forme. Le P.L.U. ne fait qu’ouvrir des possibilités de construction, les élus responsables doivent discuter chaque projet pour qu’il s’intègre au mieux dans l’environnement. C’est ce que l’équipe précédente avait fait par exemple rue Condorcet avec le petit immeuble du Moulin Vert, rue Jean Jaurès, ou à

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 l’angle du Boulevard de la république et de l’avenue Edouard Detaille avec des petites maisons de ville (projet malheureusement abandonné depuis). Nous attendons que le Maire montre enfin, la détermination et le volontarisme dont il se gargarise.

 

Un Maire reconstructeur

Le Parisien du 29 janvier 2015 nous informe qu’à Eaubonne nous avons un Maire reconstructeur !  C’est quoi ? C’est un Maire qui a adhéré à un Club créé à l’UMP pour regrouper des Maires qui, après avoir annulé en arrivant des programmes en cours, se préparent à beaucoup construire.

 

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