La Rose dans la vallée

11 septembre 2018

Eva Illouz contre la tyrannie du bonheur

 Virginie Bloch-Lainé

Dans son dernier livre «Happycratie», la sociologue dénonce l’injonction qui nous est faite d’être heureux. Cette idéologie, dont la psychologie positive est le bras armé, n’a qu’un objectif : culpabiliser les individus et conforter le néolibéralisme. Une fois de plus, l’auteure veut «mettre de la sociologie là où domine la psychologie».

Elle donne ces jours-ci des entretiens à tout bout de champ et court les studios de plusieurs radios. Il faut dire qu’elle a du travail : la tyrannie du bonheur, contre laquelle son livre s’élève, se porte comme un charme en France, et en Occident en général.

La sociologue Eva Illouz publie Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies (Premier Parallèle), coécrit avec le docteur en psychologie Edgar Cabanas. L’essai dénonce l’injonction qui nous est lancée d’être heureux, et le rapprochement, dans lequel nous baignons, entre plénitude et normalité. Selon cette logique, les insatisfaits seront regardés comme des incapables. L’euphorie à tout prix s’accompagne de l’hyperculpabilisation de ceux qui ne l’atteignent pas. A nous de développer notre capital de bonheur puisque ce dernier sommeille en nous, n’attend que nos efforts pour éclore, et que l’éprouver résulte d’un choix.

Une vision du monde

Cette fable, explique Happycratie, anesthésie la souffrance sociale et les reproches qu’une population peut adresser à l’Etat et au non-partage des richesses. De nombreux bénéficiaires profitent d’une telle vision du monde : les auteurs de guides de développement personnel, leurs éditeurs, les comportementalistes, le coaching, mais aussi le management paternaliste qui lie joie sur le lieu de travail, et accomplissement personnel. C’est aux Etats-Unis, le pays de l’élévation par le dur labeur, la nation obsédée par la santé physique et mentale, qu’a émergé la promotion de cette «pseudoscience» du bonheur. Son bras armé est la psychologie positive qui fructifie depuis les années 90.

Ce n’est pas la première fois qu’Eva Illouz, chercheuse à l’EHESS depuis trois ans, s’attaque aux beaux discours sur l’épanouissement et la réussite, et déconstruit nos émotions. Selon Eva Illouz, l’amour, la colère, le sentiment d’injustice sont fabriqués par la société. Sa grille de lecture est sociologique. Son précédent livre publié en France s’intitulait Pourquoi l’amour fait mal (2012, Seuil). Elle y disséquait le sentiment amoureux contemporain, et le discours qui le porte. Si l’amour fait souffrir, à l’heure où les séparations sont si fréquentes, ce n’est pas que l’être quitté est peu doué pour la relation amoureuse, comme, selon Eva Illouz, le martèlent les psychologues aux cœurs solitaires. La cause se situe du côté de «l’économie émotionnelle et sexuelle propre à la modernité» qui sans cesse évalue les comportements, exige la perfection (de la silhouette, des ébats), et la réussite d’une relation. La culpabilisation et la responsabilisation individuelle à outrance sont donc aussi à l’œuvre dans le domaine amoureux, et leur dénonciation semble être un fil directeur du travail d’Eva Illouz. Elle l’admet, quand on la rencontre, la semaine passée, à Paris : «Souvent on ne perçoit la cohérence de nos recherches qu’avec plusieurs années de recul. On comprend mieux la prose que l’on parle au fil du temps. Celle que j’ai parlée sans le savoir serait celle-ci : mettre de la sociologie là où domine la psychologie. Les émotions reflètent les normes, les hiérarchies, les codes moraux. J’essaie de m’opposer au fait de ne se penser, soi, qu’en termes psychologiques. Ce que l’on appelle la psyché et les émotions sont faites de bric-à-brac social.»

Les médias

Eva Illouz, 57 ans, se partage entre Paris et Israël, où vivent ses enfants. Née à Fès dans une famille juive marocaine, elle a habité à Sarcelles à son arrivée en France avant de déménager à Paris. Elle quitte la khâgne pour voyager, part en Israël où elle fait son master. «Je n’ai pas décidé de devenir sociologue, mais, très jeune, je me suis intéressée à l’influence des médias. A l’époque, en France, ce n’était pas un centre d’intérêt prestigieux. Depuis tout a changé. Les Etats-Unis prenaient au sérieux leurs médias, tant sur le plan intellectuel que pratique. J’ai fait ma thèse à l’Université de Pennsylvanie, et petit à petit, ma façon d’écrire est devenue sociologique.» En Israël, c’est dans un département de sociologie qu’elle est admise comme professeure.

Contre l’intériorité

Jeune adulte, les textes qui l’ont marquée sont d’abord ceux de Barthes : «J’ai adoré le lire. Bourdieu et Foucault sont venus plus tard. Un roman a aussi éminemment compté pour moi : Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. J’ai compris en le lisant qu’il y avait une dimension sociologique à l’amour ; c’est le romancier qui pour la première fois crée une trame narrative autour de l’idée que l’amour est étroitement lié au pouvoir social.» Elle continue de lire de la fiction, le lieu des nuances par excellence. Elle aime la romancière israélienne Zeruya Shalev, dont elle est une amie, et Annie Ernaux, un goût curieux de la part d’une sociologue qui s’élève contre l’intériorité : elle a aimé les Années, dont elle pense qu’il est un grand livre sociologique.

à portée de la main

Happycratie consacre une partie décisive et inquiétante de son analyse à la naissance de la psychologie positive aux Etats-Unis. Elle doit son origine au psychologue Martin Seligman, né en 1942. Il œuvre à doter d’une assise soi-disant scientifique cette idéologie du «self-help», de la performance à portée de la main. Il est puissant, capable notamment de lever des fonds importants pour la recherche en «santé mentale», ce qui fait frémir. Grâce à cet argent aussi, il a publié une «classification universelle des forces et vertus humaines», afin que les lecteurs atteignent «leur potentiel maximal», expliquent Eva Illouz et Edgar Cabanas.

Le livre présente aussi l’alliance, qui date du début du XXe siècle, entre «économistes du bonheur» etpsychologie positive. En répandant l’idée que le bonheur se mesure objectivement, qu’il est le but de toute existence et que le rater est un échec individuel et non collectif, ces acteurs aident les multinationales et les gouvernements à se défausser des crises qui pourraient remonter contre eux les citoyens. Selon Eva Illouz et Edgar Cabanas, c’est ainsi que les ravages de 2008 furent amortis par endroits. Ils prennent l’exemple de Coca-Cola qui, dans chaque pays où la marque possède une branche, a implanté un «Coca-Cola Happiness Institute, institut chargé de publier chaque année des rapports, pays par pays, sur le sujet - les Happiness Barometers».

Etrangement, la psychanalyse, pourtant vent debout contre le culte de l’optimisme et de l’amélioration de soi, n’apparaît jamais dans Happycratie. C’est qu’Eva Illouz refuse de différencier psychologie cognitive et psychanalyse freudienne : «Je l’inclus dans la psychologie. Toutes deux partagent l’idée que le plus important est notre psyché, et la façon dont elle nous structure particulièrement et individuellement.» Selon Eva Illouz, nous ne sommes pas des êtres à l’intériorité unique mais nous réagissons selon les concepts et les lois collectives du moment. L’explication par l’intériorité individuelle, qui triompherait actuellement, est pour Eva Illouz nocive : «Quand une femme est abandonnée par un homme pour la cinquième fois, son entourage abordera ce problème à travers l’explication psychologique et lui demandera d’examiner son enfance pour comprendre ce qui dans sa psyché provoque l’échec amoureux inconscient. La psychologisation des êtres humains est devenue incontournable.»

Ce qui revient à déposer un fardeau sur les épaules des malheureux que l’on incite à fouiller leur moi. Au service du «néolibéralisme», la psychologie positive culpabilise ceux qui échouent ou se perdent dans la dépression. Le mot «résilience» est mis désormais à toutes les sauces. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, le «père» du concept, a vécu un traumatisme, sa famille fut exterminée par les nazis, et il est sorti de son enfance par le haut : tout le monde devrait en faire autant, selon l’idéologie honnie par Eva Illouz. Ceux qui s’effondrent s’ils sont au chômage ou freinent des quatre fers devant la mobilité exigée par leur hiérarchie ont tout faux. «Affirmant la victoire de la vie et de l’esprit sur la mort, la notion de résilience a tout pour plaire», écrivait la sociologue dans une tribune parue dans le Monde (1), à l’origine du livre - qui n’est publié qu’en France pour l’instant et le sera bientôt en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie et en Allemagne.

Scruter les codes sociaux qui nous conditionnent, relever le cynisme de la publicité faite à la réussite, affirmer que nous ne sommes pas entièrement responsables de notre bonheur (même si le mot inconscient n’appartient pas au vocabulaire d’Eva Illouz), tout ceci préserve-t-il la sociologue de la culpabilité en cas d’échec ? «Pas du tout, je suis comme tout le monde et peut-être même pire. C’est sans doute parce que je connais bien le sujet que j’écris sur la culpabilité.»

(1) «Gare aux usages idéologiques de la résilience», le Monde, décembre 2016.

Virginie Bloch-Lainé

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09 septembre 2018

Université Poliique PS95 Samedi 6 octobre 2018

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22 août 2018

Appel à l'abandon de la réforme constitutionnelle à la sauce macron !

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Il y a quelques semaines, la majorité parlementaire a dû, sous la contrainte et la panique, suspendre son projet de réforme de nos institutions. En cause, l’affaire dite « Benalla » mettant à nu les dangers d’une hyperprésidence dans une version inexpérimentée et caricaturale de « start-up nation ».

Dans ce contexte, comment accepter la volonté du Président de l’Assemblée nationale de reprendre, comme si de rien n’était, les travaux parlementaires sur une réforme d’ordre constitutionnelle.

Après les associations, les syndicats et les collectivités, ce projet s’attaque maintenant à la voix du peuple et des territoires incarnée par chacune des deux chambres du Parlement.

Cette réforme est la philosophie du pouvoir. Une hypercentralisation sans contre-pouvoir efficace. Un déni de démocratie, qui réduit les droits du parlement pour les recentraliser entre les mains d’un pouvoir personnel.

Nos institutions ne peuvent être l’otage d’une telle pratique jupitérienne.

Il est impératif que la majorité présidentielle renonce à cette réforme, tant sur la partie constitutionnelle qu’organique et ordinaire.
 
Signer et rejoindre cet appel en cliquant ICI
 
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09 août 2018

Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et so8n gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

Comme si la grande tâche de l’heure n’était pas le bouleversement climatique en cours et de se lancer dans des réformes fondamentales. Par exemple, pour inverser nos émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent d’augmenter ; ou encore pour reculer drastiquement le fameux «jour du dépassement» tristement fêté le 1er août pour la planète, mais bien silencieusement en France le 5 mai, jour d’épuisement de notre biocapacité annuelle.

On entend les climatologues qui poussent (des cris d’urgence), mais les économistes continuent de tomber dans leur discrédit, qui se mesure par exemple au millimètre linéaire de leur rayon dans les librairies. Et ce n’est pas surprenant. L’inflation, par exemple ? Tant mieux, en réalité, si les prix montent. Les Français ne sont pas des imbéciles. Ils répondent comme tout le monde à des incitations comme les prix ou à des réglementations. Ce qui est vrai pour le tabac est tout aussi vrai pour les émissions de CO2. De même pour l’alimentation aux prix maintenus artificiellement très bas, comme pour la viande ou le lait, grâce à des méthodes de production de plus en plus intensives fondées sur une agrochimie destructrice rendue possible grâce à un système de puissants lobbys.

Ce dernier n’hésite pas à jouer du chantage sur la faim dans le monde pour exporter les trois quarts de la production française alors que cela tue les agricultures des pays en développement. En particulier en Afrique, où l’exode rural s’accélère, premier facteur de migration bien avant les guerres. Ce qui nous ramène au commerce international, dont le libre-échange le plus intégral serait censé apporter des gains de pouvoir d’achat alors que c’est un vaste système de dumping environnemental et social où les prix ne reflètent surtout pas la rareté des ressources de la planète. Tout particulièrement parce que les lobbys du transport maritime et aérien ont discrètement réussi à sortir de l’accord de Paris et ne supportent aucune contrainte sur leurs énormes émissions de CO2 ou leur pollution bien connue, qui n’ont rien à envier à la Chine en bilan total.

A de rares exceptions près, les économistes des pays riches sont toujours obsédés par le paradigme du progrès linéaire et quantitatif. Leur véritable traumatisme ces derniers mois a été le débat lancé par l’ancien secrétaire d’Etat au Trésor américain Lawrence Summers sur la stagnation séculaire de la productivité et donc de la croissance, près d’un million d’occurrences sur la Toile. Or, de l’avis de tous les climatologues, seule une division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre permettrait au mieux d’éviter la catastrophe. Et ne nous faisons pas d’illusions. Son impact sur le vaudou du taux de croissance ne peut être que négatif en effet. Le concept de décroissance - pourtant dû à un grand économiste mathématicien, Nicholas Georgescu-Roegen - n’a toujours pas droit de cité dans les manuels d’économie, et très rares sont les travaux de recherche entrepris pour en comprendre les mécanismes et la mise en œuvre.

La quatrième révolution industrielle en cours n’est vue par les économistes standards qu’au travers des points de croissance supplémentaires qu’elle pourrait apporter pour compenser le risque de stagnation séculaire. Elle devrait être, au contraire, un formidable atout pour gérer la décroissance d’une façon intelligente, et notamment inclusive sur le plan social tant l’explosion des inégalités ces dernières années a un lien étroit avec celle des risques sur la planète. C’est ce que vient de montrer une étude passionnante sur le tourisme de masse à l’échelle mondiale qui ne fait que reproduire le mode de vie des élites. Les inégalités de prélèvement des ressources de la planète sont aujourd’hui de l’ordre de ce qu’elles étaient sous l’Ancien Régime.

Et ici, les économistes savent bien que le seul système d’incitation par les prix pèche en termes d’équité et qu’il n’est d’ailleurs pas toujours le plus efficace en présence de déficiences de marché. Il leur faut donc imaginer des systèmes de taxation, de quotas, de réglementation et surtout de réformes de structures qui permettraient d’atteindre le Facteur 4 d’ici à 2030, c’est-à-dire demain.

Ce qui compte in fine n’est pas le PIB ou le revenu national brut, mais bien le revenu net, notamment de tous les dégâts du soi-disant «progrès», surtout ceux à venir qui constituent une dette vis-à-vis de nos enfants. C’est une révolution conceptuelle pour les économistes. Ils ont commencé leur mutation avec ce fameux rapport commandé à l’ère Sarkozy sous la direction des Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen (Richesse des nations et bien-être des individus, Odile Jacob, 2010). Mais ils n’ont toujours pas concrètement franchi le Rubicon dans leurs conseils aux dirigeants. D’où leur silence caniculaire cet été.

Or, les prédictions d’un autre scientifique (Safa Motesharrei) publiées dans un papier remarqué de 2014 (1) mentionnent la probabilité très sérieuse d’un effondrement de notre civilisation lié aux inégalités et à la surexploitation des ressources. Elles rejoignent celles des climatologues et des scientifiques de la nature qui envisagent de plus en plus sérieusement une rupture systémique brutale des grands équilibres de la planète et le scénario graduel très diplomatique de l’accord de Paris. Les économistes connaissent pourtant ce type de phénomène. C’est celui des hyperinflations comme dans l’Allemagne des années 30 ou au Venezuela aujourd’hui. C’est celui des crises financières. Ils savent que pour les arrêter, il faut une réaction radicale des autorités monétaires. Cette fois, la réaction doit être aussi radicale mais dans tous les domaines de la relation entre les ressources de la planète et nos systèmes de production et de consommation. La France a besoin de bien autre chose qu’un plan canicule et les économistes doivent se mobiliser pour en dessiner les contours. Voilà une vraie grande réforme pour la rentrée.

(1) Safa Motesharrei, Jorge Rivas, Eugenia Kalnay : «Methodological and Ideological Options Human and nature dynamics (Handy) : Modeling inequality and use ofresources in the collapse or sustainability of societies», Ecological Economics 101 (2014), pp. 90-102.

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02 août 2018

«Jour du dépassement» : le gouvernement parle sans agir

 

 Coralie Schaub

Chaque année, nous découvrons avec ­effroi que nous épuisons toujours plus vite les ressources offertes par la planète. ­Chaque année, survient de plus en plus tôt le «jour du dépassement», soit la date ­à laquelle l’humanité commence à vivre à crédit après avoir consommé plus d’arbres, d’eau, de sols ou de poissons que ce que la nature peut renouveler en un an et émis plus de carbone que les océans et forêts peuvent absorber (lire notre infographie sur Libé.fr). En 1971, ce seuil calculé par l’ONG Global Footprint Network était atteint le 24 décembre. En 1980, le 4 novembre. En 2000, le 23 septembre. En 2010, le 9 août. En 2017, le 3 août. Cette année, le 1er août. Et l’an prochain, sans doute en juillet. En 2020 ? L’auteure de ces lignes est prête à se faire appeler Arthur si ce n’est pas plus tôt encore. Car si la prise de ­conscience progresse, nous n’agissons pas à la hauteur du défi, immense. Nicolas Hulot a raison de rappeler, dans une vidéo postée mercredi sur Twitter, que nous avons basculé dans une nouvelle ère climatique, que les fléaux inédits s’en­chaînent : feux de forêt en Suède, canicule au Japon, «record absolu vendredi à Lille, avec 38,6° C».

Il fait bien d’avertir que «tout cela risque d’être une sinistre bande-annonce d’un film catastrophe que nous ­regardons en spectateurs informés». Le ministre de la Transition écologique appelle à l’engagement de chacun. Ce qui revient, pour vous et moi, à éviter l’avion, ne pas gaspiller la nourriture, manger moins de viande, s’abstenir de se jeter sur le dernier IPhone... C'est vrai. C’est important. Mais les autorités ne peuvent se défausser sur la bonne volonté des individus et des entreprises. Cela ne suffira pas à enrayer cette funeste glissade vers l’effondrement imminent de notre civilisation ­redouté par Edouard Philippe. S’il a cité plusieurs fois ce risque ces derniers temps, le Premier ministre ne semble pas en avoir compris la portée et surtout tiré les conséquences. Hulot pointe à juste titre la responsabilité de notre modèle de développement dans le chaos climatique et l’érosion de la biodiversité. Mais «en même temps», l’exécutif ne prend pas de mesures courageuses pour radicalement changer de système, sortir de l’ultraproductivisme mortifère. Il se contente de mesurettes cosmétiques. Pire, il multiplie les incohérences, voire les régressions. Selon des projections officielles, la France dépassera jusqu’en 2023 le plafond d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle s’est fixée, entre autres à cause du retard dans la rénovation thermique des logements. Hulot, qui s’était ému de la chute de la population des oiseaux des champs, pourrait autoriser le piégeage de 370 000 alouettes (3,5 fois plus qu’en 2017), s’inquiète la ­Ligue de protection des oiseaux -même si le ministère assure que «rien n'est décidé» et qu'une concertation est en cours-. L'ONG s’insurge aussi du refus par Paris de la proposition de Bruxelles de suspendre la chasse à la tourterelle des bois, autre espèce menacée qui a perdu 80% de sa population en trente ans. Et ce ne sont là que quelques exemples, parmi les plus

récents...

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19 juillet 2018

Résister à Donald Trump” : lettre ouverte à Emmanuel Macron

Monsieur le Président, Il y a un an, à l’occasion de la célébration du 14 juillet, vous receviez Donald Trump sur les Champs-Elysées.

Suivant l’inspiration du Général de Gaulle, puis celle de François Mitterrand, vous avez annoncé voici 12 mois vouloir consacrer votre mandat au rétablissement de notre souveraineté. Ce qui, en matière de politique étrangère, signifiait de rendre à la France sa vocation, celle de défendre partout des intérêts qui la dépassent, ceux de la paix, du développement comme du respect du droit des peuples.
En recevant les présidents de Russie et des États Unis, puis par votre engagement au service des accords de Paris, vous avez laissé espérer alors à tous ceux qui aiment la France et veulent croire en son influence, une réorientation bienvenue de notre politique extérieure. Enfin, en répondant aux exigences économiques et sociales de la Commission européenne, vous avez voulu parier sur la possibilité d’une configuration nouvelle et sur la réconciliation des peuples du vieux continent avec un grand projet européen.

Douze mois plus tard, où en sommes-nous ?
Force est de constater que vos promesses ont fait long feu.

Non seulement la relance de l’Europe est encalminée, mais l’inertie allemande n’a jamais été aussi forte. Alors que vous prétendiez obtenir de Berlin une vraie réforme de la zone euro en contrepartie de la rigueur budgétaire qui fragilise notre cohésion sociale et territoriale, la chancelière obnubilée par le dossier des réfugiés, n’a consenti que du bout des doigts à un budget de la zone euro sans que rien ne soit décidé de ce qui l’alimentera, et à quelle hauteur. Si l’on peut du coup vous reconnaître de la ténacité sur ce dossier, comment ne pas voir que votre stratégie n’a produit aucun résultat tangible, laissant l’Union dans l’état déplorable et dangereux que vous diagnostiquiez voici un an ?

En 12 mois, la situation n’a donc fait qu’empirer ! Au risque d’affaiblir notre pays.

Mais que penser des autres grands dossiers internationaux dont vous vous êtes saisis avec une détermination qui pouvait laisser croire que vous saviez ce que vous faisiez, et où vous conduisiez le pays ?
Était-il utile de mimer une familière complicité avec le Président Trump, pour n’obtenir de lui au final que mépris et rebuffades ?
Rien sur l’accord de Paris sur le climat pour lequel Washington affiche plus que jamais le plus profond mépris.
Rien sur les sanctions commerciales imposées à l’Europe au mépris des règles du multilatéralisme que vous avez certes vaillamment défendues au Congres …mais pour un résultat purement rhétorique !
Moins que rien enfin sur l’Iran. L’Europe et la France se résignent à se désengager économiquement du pays sous la menace humiliante pour ses « alliés » du Président des États Unis.
On ne peut s’empêcher d’en conclure que vous avez sans doute surestimé votre capacité personnelle à faire bouger les lignes, et sous-estimé du même coup les réalités auxquelles la France est confrontée pour faire valoir son point de vue sur la scène internationale.

En 12 mois, la situation n’a donc fait qu’empirer ! Au risque d’affaiblir notre pays.
C’est pourquoi nous vous invitons à tirer rapidement les conséquences de ces échecs, non pour vous aligner sur les positions des bataillons d’occidentalistes qui n’imaginent plus notre avenir que dans le giron de l’Amérique, mais pour faire de la France la porte-parole d’un nouvel ordre international fondé non sur l’hégémonie d’un seul, mais sur la coopération de tous. Votre devoir est là !
Il consiste à prendre acte de la nouvelle donne qu’a révélée – plus qu’initiée, la politique du Président Trump.

Voilà des années que les États Unis s’éloignent de l’Europe et se soucient comme d’une guigne d’alliés qu’ils ne voient plus que comme des clients potentiels de leur industrie d’armement.
Non seulement l’OTAN ne garantit plus la sécurité de notre continent mais elle fait obstacle à l’émergence des nouvelles modalités qui pourraient l’assurer.

Aussi à l’occasion de son prochain sommet, nous vous invitons à soulever cette question vitale pour mieux poser les jalons de la grande conférence de la paix et de la coopération en Europe qui devait fixer le cadre de nos relations futures avec la Russie. De même devriez-vous faire la preuve concrète de votre détermination, au-delà des discours, en proposant une relance du seul outil militaire autonome dont disposait l’Union, à savoir l’UEO, sacrifié sur l’autel de notre retour dans le commandement intégré.

La France ne peut renoncer à défendre une vision multilatérale de l’avenir du Monde.

 

Dans le même esprit “gaullo-mitterandien” dont vous vous réclamiez, nous vous enjoignons tout aussi bien de relever le gant que Washington vient de nous lancer au visage en reniant sa signature de l’accord nucléaire iranien, et plus encore en prétendant sanctionner nos banques et nos entreprises désireuses de poursuivre leurs investissements à Téhéran. Où sont passées les ambitions de faire de l’euro une monnaie d’échange international capable de concurrencer le dollar et contrecarrer l’hégémonie américaine ? Où sont les mesures de rétorsions qui seraient déclenchées si nos entreprises restant en Iran étaient pénalisées ? Comme cela est déjà arrivé à de multiples reprises depuis 1981, la France doit actualiser, ou à défaut adopter, une loi de blocage interdisant à nos établissements économiques et financiers de se soumettre aux injonctions d’un pays tiers. A défaut, que resterait-il de notre indépendance nationale si nous ne pouvons plus décider de notre politique étrangère ?

La France ne peut renoncer à défendre une vision multilatérale de l’avenir du Monde. Elle doit mettre toute son énergie à résister à l’œuvre destructrice de Trump, à entrainer ses partenaires européens et bien d’autres sur cette voie. Elle ne peut se dérober à cette responsabilité et renoncer à sa place singulière dans le concert des Nations.
Elle ne peut perdre son indépendance diplomatique et politique qui plus est dans une partie du monde, le Moyen-Orient, où notre présence a été constante. A cet égard, les déclarations de M. Le Maire, courbant l’échine sous l’injure, sont inacceptables et devraient être désavouées.
Le problème est bien plus grave qu’une simple blessure d’orgueil. Ne rien faire, c’est laisser penser que la troïka formée par l’extrême droite américaine, la droite israélienne et la monarchie saoudienne peut désormais décider de l’avenir de la région. Cela reviendrait à donner à leurs leaders un blanc-seing pour la guerre et ouvrir la voie à de nouvelles et terrifiantes déstabilisations qui ne nous épargneraient pas.
La France doit donc changer d’attitude, parler d’une voix forte et agir en conséquence pour rallier tous ceux qui, dans le monde, souhaitent un équilibre plus juste et plus sûr. C’est ce que nous vous demandons. Alignée, la France n’est plus la France : elle perd la maîtrise de son destin.
« Notre cher et vieux pays » ne peut trahir aujourd’hui l’héritage de générations ayant combattu pour la lui assurer. Il ne peut d’avantage renoncer au rôle particulier que lui confère son histoire, son statut international, et les valeurs qu’il incarne.

Bastien Faudot, porte-parole du MRC, conseiller départemental du Territoire de Belfort,
Christian Hutin, député MRC du Nord,
Emmanuel Maurel, député européen PS,
Jean-Luc Laurent, président du MRC, ancien député-maire du Kremlin-Bicêtre,
Marie-Noëlle Lienemann, vice-présidente PS du Sénat,
Angèle Préville, sénatrice PS du Lot,
Sabine Van Heghe, sénatrice MRC du Pas de Calais.

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16 juillet 2018

Réforme constitutionnelle : Emmanuel Macron veut "la Vème République jusqu'au bout", nous défendons "la démocratie jusqu'au bout

Réformer les institutions et notre Constitution, bien sûr ! Mais, pour quoi faire ?

Pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains d'un seul homme et rendre notre régime "hyper-présidentiel" ?

Pour assécher la démocratie et éloigner encore plus les citoyens des décisions qui les concernent directement ?

Pour transformer le Parlement en chambre d'enregistrement et dévitaliser les contre-pouvoirs et l'opposition ? 

Derrière les discours de modernité, les images d'une République start-upeuse, Emmanuel Macron dessine en réalité les institutions dont il rêve : "La Vème République jusqu'au bout", "la Vème République à l'excès" ! +

Aujourd'hui, les citoyens sont les grands oubliés d'une histoire qui doit d'abord s'écrire avec eux. C'est pourquoi le Parti socialiste défend une République de l'équilibre des pouvoirs, de nouveaux droits pour les citoyens et demande à ce que cette réforme constitutionnelle fasse l'objet d'un large débat démocratique en étant soumise au peuple par référendum. 

 

 

Les socialistes défendent "la démocratie jusqu'au bout"!

"La Constitution est notre contrat social : vouloir la transformer n'est jamais un acte innocent. Cette réforme constitue une régression démocratique et confirme une dérive autocratique (...) Emmanuel Macron veut plus de pouvoirs pour l

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12 juillet 2018

La boussole du socialisme

Michel Winock raconte un mouvement politique qui ne cesse d’espérer un monde meilleur. Trois siècles d’une histoire pleine de leçons pour l’avenir.

Quand tout va mal, il faut revenir aux sources. «Back to basics.» Quand tout s’effondre, il reste les fondations, qui permettent de reconstruire. Ainsi devraient réagir les socialistes, ou leurs sympathisants, membres d’un courant politique dont une foule revancharde et intéressée, au sein de la droite arrogante ou de l’extrême gauche sectaire, annoncent au son des buccins la disparition. D’où l’utilité de la somme que réédite Michel Winock sur la longue saga du socialisme en Europe, un livre d’histoire d’une paradoxale actualité.

En trois siècles d’existence, depuis les utopistes du XVIIIsiècle, troupe ignorée et féconde, jusqu’aux sociaux-démocrates du XXIe qui tentent péniblement de survivre à l’heure du populisme, les socialistes d’Europe ont tout connu, la frustration de la marginalité, l’héroïsme des premières luttes ouvrières, les triomphes et les désastres de 1848 ou de la Commune, les trahisons et les défaillances d’un courant humain, trop humain, les réalisations glorieuses du socialisme suédois ou autrichien, le Front populaire, les triomphes réformistes de l’après-guerre, la domination sociale-démocrate des années 70 et 80, puis le reflux face au libéralisme conquérant. Avec beaucoup de clarté et d’érudition, Winock retrace cette longue route semée d’embûches éclairée par cette conviction commune : en s’appuyant sur la raison et le sens de la justice, en mobilisant les victimes du capitalisme prédateur, il est possible, contre l’oppression financière et loin de la tyrannie léniniste, de construire par la réforme, non un monde parfait et achevé, comme dans les utopies de l’ultragauche, mais un monde meilleur.

Ce dernier mot est-il dit, la pièce est-elle achevée ? Les révolutions du siècle qui commence ont-elles renvoyé au vestiaire de l’histoire ce socialisme en couleur sépia qui fleure bon la craie et l’encre d’imprimerie ? Le passé ressuscité par Winock montre bien que non. La protestation contre la dureté du capitalisme, la volonté de résoudre par l’action commune les défis du temps, la maîtrise de la technologie, la lutte pour l’émancipation des individus à travers une action rationnelle fondée sur des valeurs d’égalité, tout cela a engendré le mouvement socialiste. Qui peut dire que ces questions, désormais, sont résolues, dépassées, obsolètes, ou bien qu’une autre philosophie - le libéralisme inégalitaire ? le nationalisme agressif ? le traditionalisme rance ? le populisme dangereux ? le stalinisme sorti de la naphtaline par un Badiou ? - apporte de meilleures réponses… Riche, contradictoire, l’histoire du socialisme fournit un riche répertoire de réponses et de polémiques, une bible du passé qui est un guide pour l’avenir.

Trois réponses, nées de cette expérience de trois siècles, sont particulièrement brûlantes. D’abord, le besoin d’utopie. Ce fut l’origine des choses, avant même les luttes ouvrières. Au siècle des Lumières, des dizaines de penseurs, armés de la Raison, imaginèrent un monde différent - sis en général dans une île - qui réfutait par contraste l’injuste société du temps. Ce besoin est toujours criant. Il anime les militants de l’écologie, de l’altermondialisme, de la réforme sociale, du syndicalisme, les salariés les plus engagés. Non l’utopie fermée et bientôt tyrannique des faiseurs de système, mais l’évocation créative, audacieuse, d’une société différente, qui sert de référence à l’action. Un monde qui n’existera sans doute pas, mais vers lequel on tend, comme le pôle lointain où personne ne va mais qui oriente la boussole.

Ensuite, l’identité nationale, source de tant de polémiques amères et de déchirements au sein de la gauche. A la fin du XIXe siècle, le même débat autour du patriotisme et de la nation agita le mouvement socialiste. On est au regret de dire que Jaurès, Vaillant, Guesde, Allemane et quelques autres ont largement résolu la question. Pour Allemane, la nation est un mal en soi, qui ne produit que la guerre, il se veut «sans patrie», comme d’autres aujourd’hui «sans frontières». Les autres, tous les autres, Jaurès en tête, ne croient pas à la dissolution prochaine des nations, serait-elle souhaitable, et donnent une version républicaine, ouverte, européenne, universaliste, de l’identité française, qui n’est pas un héritage figé, comme le voudraient les nationalistes, mais une entité vivante, ouverte et évolutive, soumise aux valeurs de justice et de coopération. Que dire de mieux en ces temps identitaires ?

Enfin, les socialistes, nés à l’histoire par la contestation du capitalisme, ont fini par trouver envers lui la bonne distance. Jusqu’à Blum en passant par Marx, Proudhon, Jaurès ou Guesde, il était entendu que, par la réforme ou la révolution, le socialisme se définissait d’abord par l’abolition de la propriété et la possession collective des moyens de production. Les désastreuses expériences communistes, tout comme les mésaventures des socialistes trop dirigistes au pouvoir, ont montré que la voie était mauvaise. La propriété d’Etat sur toute l’économie produit la tyrannie et la pénurie. On le voit encore à Cuba, en Corée du Nord ou, dans une moindre mesure, au Venezuela. Il faut donc considérer le marché comme une réalité ambiguë, un mauvais maître mais un bon serviteur. En le réduisant, on appauvrit tout le monde, en le laissant trop libre, on s’asservit. La faute des socialistes dans la dernière période est d’être tombés dans la deuxième erreur, malgré les réformes utiles qu’ils ont pu mettre en œuvre. La puissance des Gafa, la tyrannie des marchés financiers, la ploutocratie qui s’étend : ce sont les nouvelles Bastilles, comme l’étaient aux temps de l’Internationale «les rois de la mine et du rail». Faute de voir les socialistes les en protéger, les peuples se tournent vers les nationalistes et les démagogues, qui sont les auxiliaires du conservatisme social. Tout cela est dans Winock ; c’est-à-dire dans ce passé inépuisable qui éclaire l’avenir.

Laurent Joffrin

MICHEL WINOCK LE SOCIALISME EN FRANCE ET EN EUROPE Points «Histoire», 448 pp., 10,80 €. 

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06 juillet 2018

Sénateur, je serai présent au Congrès à Versailles

image27La réforme constitutionnelle de 2008 portée par Nicolas Sarkozy permet dorénavant au Président de la République de réunir les deux chambres, Assemblée Nationale et Sénat, en Congrès pour s’exprimer devant les parlementaires. Jusque-là, le Congrès était uniquement réuni en vue de réviser la Constitution Française. 

 
Ce tropisme américain du Président Sarkozy a impacté le déséquilibre des pouvoirs déjà existant entre l'exécutif et le législatif.
 
La convocation du Congrès le 9 juillet prochain par l'actuel Président de la République interroge.
 
Elle est vécue, avec raison d'ailleurs, comme le fait du prince. Elle est sans ordre du jour, sans objectif, sans obligation, sans décision et sans vote. Il s'agit donc pour lui de venir disserter devant les parlementaires un après-midi durant.
 
Cette pratique dans l'exercice du pouvoir est bien différente de celle de son prédécesseur, qui lui, avait réuni le Congrès au lendemain d'attaques terroristes contre la France et les Français. François Hollande avait souhaité faire de ce moment, un moment d'unité nationale. Les parlementaires debout et applaudissant son intervention en était un symbole fort. 
 
Mais revenons à la décision de ce Président qui se veut tout puissant et sans contre-pouvoirs organisés.
 
Je me suis bien évidemment interrogé sur cette convocation pour convenance personnelle du Congrès.  
 
En tant que Sénateur, j'irai au Congrès de Versailles.
 
J'y siègerai parce que j'y représenterai mon département du Val d'Oise, ses grands électeurs, ses élus et collectivités locales et à travers eux les Valdoisiens.
 
J'y siégerai car je sais que ma voix, celle d'un homme de gauche, socialiste, européen, progressiste, humaniste, féministe, écologiste et laïc sera porté, fortement, par le Président de mon groupe au Sénat, Patrick Kanner. 
 
J'y siégerai parce que je crois en la force de notre régime démocratique, aujourd'hui attaqué par ce Président de la République qui veut s'arroger, au travers d'une réforme constitutionnelle pour convenance personnelle, tous les droits. Nous socialistes, nous entendons au contraire renforcer les droits des citoyens et des corps intermédiaires. 
 
Alors, Monsieur le Président de la République, je vous invite à cesser cette pratique consumériste du pouvoir. 

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25 juin 2018

Les aides au logement (APL) encore ciblées par le gouvernement

Emmanuel Macron persiste et signe. Après avoir déjà baissé les APL de 5 euros en 2017, les déclarations du gouvernement laissaient penser que le message des locataires avait été entendu. Édouard Philippe avait reconnu que la mesure n'était « pas intelligente ». Or, il va à nouveau pénaliser les allocataires de ces aides au logement en gelant leur indice. Cette décision injuste et brutale est plus grave encore que la baisse précédente car ce gel se répercute en pourcentage et touchera donc davantage ceux qui ont le plus besoin des APL, les plus précaires et les familles nombreuses.

Dans son budget, la majorité a prévu que les aides au logement, habituellement revalorisées le 1er octobre en fonction de l'indice de référence des loyers, ne le seraient pas cette année. Pour 2018, cet indice aurait dû progresser de 1,8 % et les APL aurait dû augmenter en moyenne de 5 euros. Les APL ont toujours été indexées sur l'indice de référence des loyers sauf... en 2012, sous Nicolas Sarkozy. Après son arrivée au pouvoir, François Hollande avait rétabli ce principe de justice sociale. Emmanuel Macron montre ses références et confirme l'orientation de sa politique.

Ce gel est d'autant plus grave qu'il se cumule à la baisse décidée en octobre dernier. La non-revalorisation des APL va donc s'appliquer sur des aides déjà rognées de 5 euros par rapport à début 2017. Les bénéficiaires d'APL vont donc, en moyenne, perdre près de 10 euros d'APL tous les mois.

Après avoir dépensé un « pognon de dingue » pour les plus riches avec l'ISF, l'exit tax et la flat tax, le gouvernement fait les poches de tous les autres, et en premier lieu les plus précaires. Nous souscrivons aux propos de Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre : « ce gouvernement essaye de faire des économies budgétaires, et le plus facile c'est de les faire sur les pauvres. »

 

Stéphane TROUSSEL
Secrétaire national aux nouvelles solidarités, parcours de vie et innovation sociale

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