La Rose dans la vallée

24 juin 2019

338 825 soutiens au référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris

Dix jours après l’ouverture du site recueillant les soutiens au référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris, on comptait dimanche soir plus de 338 000 signatures, soit un peu plus de 7 % des 4,7 millions de paraphes à obtenir avant la mi-mars pour enclencher la procédure. En l’absence de compteur sur le site officiel, Libé publie sur son site le dénombrement des soutiens. Initié par des parlementaires PS, le RIP viserait à affirmer le caractère de service public de l’exploitation des aéroports de Paris, que le gouvernement souhaite privatiser.

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15 juin 2019

♣4717396 signatures pour convoquer le référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'ADP

Les neufs prochains mois ne seront pas de trop pour y arriver ! Vite on signe et on fait signer la demande de référendum sur la privatisation des Aéroports de Paris. Et on va jusqu’au bout ! Partout mobilisons-nous pour obtenir les 4,72 millions de signatures. Macron et le gouvernement redoutent la consultation du peuple. Imposons-la !

* * *

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✅ Cliquez sur « déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris »
✅ Cochez la case « Je soutiens » puis cliquez sur « suivant »
✅ Renseignez tous les champs : département et commune où vous êtes inscrits sur les listes électorales ; Votre Nom et tous vos prénoms inscrits sur votre acte de naissance (attention ! Pas de virgule entre les prénoms) ; votre sexe ; votre date, pays et commune de naissance (les communes sont définies avec le numéro INSEE et non leur code postal, pensez à bien écrire en toute lettre avec majuscules et tirets)… puis cliquez sur « suivant »
✅ Indiquez votre n° de carte d'identité ou de passeport (si vous n'avez ni l'un ni l'autre cliquez pour télécharger le formulaire CERFA, à imprimer, à remplir puis à déposer dans votre chef-lieu de canton…) ; sa date et son département de délivrance ; indiquez votre adresse électronique puis cliquez sur « validez votre soutien »
✅ Indiquez le code de vérification affiché en bas de la page puis cliquez sur « oui, confirmer mon soutien »
✅ Téléchargez votre récépissé qui sera indispensable pour vérifier que votre soutien a été pris en compte quelques jours plus tard.

 

Signer pour le référendum sur ADP

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11 juin 2019

La publicité a un effet négatif sur le bien-être, en suscitant la frustration

Par Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS.

Un groupe d’économistes a analysé le lien entre dépenses publicitaires et bonheur : non seulement la publicité a un effet négatif sur le bien-être, en suscitant la frustration, mais c’est justement cette frustration qui est visée.

A en croire Jules Renard, «il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas.» Plus d’un siècle plus tard, les économistes qui étudient les déterminants du bonheur individuel ne sont pas loin de lui donner raison : le bonheur de chacun ne dépend pas seulement de ses propres conditions matérielles, mais également de celles des autres, auxquels chacun se compare. Ainsi, je peux être très heureux de rouler en Twingo, jusqu’à ce que mon voisin exhibe une Mercedes flambant neuve, qui fait soudainement apparaître ma petite voiture comme peu réjouissante. Comme l’avait montré Thorstein Veblen, ce sentiment peut jouer dans l’autre sens : le plaisir de posséder une voiture puissante peut être dû au goût pour la conduite d’une grosse cylindrée, mais aussi au fait que celle-ci étant très chère, je signale en la conduisant que je suis riche, cette exhibition de richesse me conférant un statut social envié par d’autres. De tels biens dits ostentatoires obéissent à une logique particulière : pour qu’ils soient attractifs, il faut qu’ils restent chers et réservés par leur prix élevé à ce que leurs acheteurs, comme ceux qui n’en ont pas les moyens, perçoivent comme une élite.

La publicité, lorsqu’elle vante des biens inaccessibles au commun des mortels, peut ainsi avoir un effet négatif sur le bien-être, en suscitant la frustration chez la plupart de ceux qui la subissent ; pire, cette frustration peut être visée par les publicitaires puisque, si l’on en croit Veblen, c’est elle qui renforce la désirabilité du bien pour les plus riches. Il est donc légitime de s’interroger sur le lien entre les dépenses publicitaires et le bonheur des populations.

C’est à cet exercice que se sont livrés quatre économistes, dont un article récent (1) présente les conclusions. Les chercheurs ont exploité des données statistiques très riches, portant sur 27 pays européens, permettant de suivre près d’un million de personnes de 1980 à 2011, en observant en particulier le niveau de satisfaction générale déclaré par chacune des personnes enquêtées. Il est alors possible de voir si cette satisfaction individuelle est affectée par le montant des dépenses publicitaires dans leur pays, exprimé en part de la richesse nationale. En contrôlant par le chômage, le revenu et de nombreuses autres variables socio-économiques, les auteurs mettent en évidence une corrélation forte entre les dépenses publicitaires et le bien-être de la population. Selon leurs estimations, un doublement des dépenses publicitaires est associé à une baisse de 3 % du bien-être ; en soi, une telle variation est difficile à interpréter, mais elle correspond à la moitié du gain déclaré à la suite d’un mariage, ou au quart de la perte de bien-être due à un épisode de chômage : ce n’est pas rien.

Même si les auteurs se gardent bien de déduire de cette corrélation une relation causale, ces résultats viennent renforcer l’intérêt de mieux comprendre comment la publicité affecte non seulement les décisions d’achat, mais aussi le bonheur de ceux qui y sont exposés. Ils viennent également conforter de nombreuses études précédentes qui ont montré que la satisfaction de chaque individu dépend de ce qu’il observe parmi son «groupe de référence», composé des individus auxquels il se compare. Les inégalités au sein de ce groupe de référence sont néfastes, et pas seulement lorsqu’elles sont injustes.

Au-delà de ses enseignements propres, cet article pose également une importante question : à qui se compare-t-on ? La publicité, en tournant notre regard vers les plus riches que nous, vient alimenter notre sentiment d’envie. Mais elle n’est pas la seule à produire cet effet, et on peut soupçonner que des émissions télé montrant ad nauseam les conditions de vie des milliardaires produisent un effet aussi délétère sur le bonheur de ceux qui les regardent.

Quant aux recherches sur les inégalités et sur la perception de ces inégalités, leur pertinence est renforcée par une telle étude. Mais de mauvais esprits pourraient aussi s’inquiéter que ces recherches, lorsqu’elles se focalisent sur le haut de la distribution des revenus et montrent l’indécence de leur augmentation plus rapide que la moyenne, pourraient elles-mêmes abonder ce ressentiment, et alimenter la colère sociale qui, en l’absence de réponse politique, peut devenir éruptive.

(1) Chloe Michel, Andrew J. Oswald, Eugenio Proto et Michelle Sovinsky, «Advertising as a Major Source of Human Dissatisfaction: Cross-National Evidence on One Million Europeans» CEPR Discussion Paper No. DP13532

Cette chronique est assurée en alternance par Anne-Laure Delatte, Ioana Marinescu, Pierre-Yves Geoffard et Bruno Amable.

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28 mai 2019

Résultats des élections européennes 2019 Eaubonne

 

National Val d'0ise Eaubonne
Participation : 50,12 % Participation : 44,97 %
Participation : 54,19 %
     
BARDELLA Jordan  RN LOISEAU Nathalie LREM-Modem LOISEAU Nathalie LREM-Modem
23.31 %
5 281 734 votes
 22.86 % 71 713 votes  26.42 % 2 132 votes
     
LOISEAU Nathalie LREM-Modem BARDELLA Jordan
RN
JADOT Yannick
EELV
 22.41 %
5 076 464 votes
 19.51 % 61 210 votes  17.75 % 1 433 votes
     
JADOT Yannick EELV JADOT Yannick EELV BARDELLA Jordan RN
 13.47 % 3 052 533 votes  13.75 % 43 133 votes  15.12 % 1 220 votes
     
BELLAMY François-XavierLR BELLAMY François-XavierLR BELLAMY François-XavierLR
 8.48 % 1 920 601 votes  7.75 % 24 324 votes  7.84 % 633 votes
     
AUBRY ManonLFI AUBRY ManonLFI GLUCKSMANN Raphaël PS - Place publique
 6.31 % 1 428 410 votes  7.47 % 23 424 votes  6.49 % 524 votes
     
GLUCKSMANN Raphaël PS - Place publique GLUCKSMANN Raphaël PS - Place publique AUBRY Manon
LFI
 6.19 % 1 402 129 votes  6.01 % 18 852 votes  4.93 % 398 votes
     
DUPONT-AIGNAN NicolasDLF HAMON BenoîtGénération.s HAMON Benoît Génération.s
 3.51 % 795 013 votes  4.07 % 12 754 votes  4.14 % 334 votes
     
HAMON Benoît Génération.s DUPONT-AIGNAN Nicolas- DLF LAGARDE Jean-Christophe UDI
 3.27 % 741 252 votes  3.39 % 10 648 votes  3.56 % 287 votes
     
LAGARDE Jean-ChristopheUDI LAGARDE Jean-ChristopheUDI DUPONT-AIGNAN Nicolas DLF
 2.5 % 566 687 votes  2.92 % 9 163 votes  3.2 % 258 votes
     
BROSSAT IanPCF THOUY HélènePA THOUY Hélène PA
 2.49 % 564 741 votes  2.81 % 8 806 votes  2.55 % 206 votes
     
THOUY HélènePA BROSSAT IanPCF BOURG Dominique GE-MEI-MdP
 2.17 % 490 481 votes  2.34 % 7 327 votes  2.44 % 197 votes
     
BOURG DominiqueGE-MEI-MdP BOURG DominiqueGE-MEI-MdP BROSSAT Ian PCF
 1.82 % 411 826 votes  2.33 % 7 296 votes  1.97 % 159 votes
     
ASSELINEAU FrançoisUPR ASSELINEAU FrançoisUPR ASSELINEAU François UPR
 1.17 % 265 950 votes  1.61 % 5 038 votes  1.29 % 104 votes
     
ARTHAUD NathalieLO ARTHAUD NathalieLO ARTHAUD Nathalie LO
 0.78 % 176 437 votes  0.71 % 2 239 votes  0.78 % 63 votes
     
PHILIPPOT FlorianLes Patriotes PHILIPPOT FlorianLes Patriotes LALANNE FrancisAJ ("Gilets jaunes")
 0.65 % 147 061 votes  0.63 % 1 961 votes  0.45 % 36 votes
     
LALANNE FrancisAJ ("Gilets jaunes") LALANNE FrancisAJ ("Gilets jaunes") PHILIPPOT FlorianLes Patriotes
 0.54 % 122 565 votes  0.52 % 1 638 votes  0.36 % 29 votes
     

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21 mai 2019

Lettre à mes ami.es socialistes tentés de voter pour Nathalie Loiseau,

Chers camarades,
Oui, j'ose cette expression.
Oui j'ose l'utiliser car l'heure est grave.
Oui, j'ose vous appeler ainsi en espérant qu'elle vous permettra de retrouver en vous ce qui a fait pendant des années votre engagement à mes côtés et aux côtés celui des socialistes.
L'Europe est indissociable de l'ADN des socialistes.
Sans remonter aux sources de notre famille de pensée, les socialistes en responsabilité ont toujours oeuvré à la construction européenne, de Guy Mollet à François Hollande en passant par Jacques Delors, Lionel Jospin et bien évidemment François Mitterrand.
Lors de la dernière élection présidentielle certains d'entre vous ont fait le choix d'un autre candidat que celui des socialistes.
Certains ont fait le choix, sincère ou forcé, d'un candidat qui se présentait comme capable de rassembler la gauche et aussi de battre l'extrême-droite.
Force est de constater qu'il porte, depuis son élection, une politique libérale en rupture avec ses propos de candidat et ce afin de plaire chaque jour un peu plus à l'électorat de droite.
La prise en main de la campagne par Edouard Philippe le démontre une nouvelle fois. Comme les propos choquants de la candidate Nathalie Loiseau encore ce matin sur une chaîne d'infos.
De plus, force est de noter au travers les sondages qu'il n'est plus celui capable de battre l'extrême droite. Il ne s'agit pas d'un jugement mais d'un constat.
Alors que faire ?
D'abord, ne pas tomber une nouvelle fois dans le piège français qui fait confondre le scrutin européen avec celui visant à choisir une majorité présidentielle ou parlementaire. Emmanuel Macron est élu jusqu'en 2022 et ce quelque soit le résultat du 26 mai. Nos institutions doivent et seront respectées.
Ensuite regarder cette élection pour ce qu'elle est, l'élection par tous les électeurs européens des 751 députés européens.
Même les Britanniques le feront.
Il s'agit donc de choisir de ce fait une majorité politique au Parlement européen, et ce pour cinq années. Et au travers eux, de choisir le prochain Président de la Commission européenne.
L'élection européenne du 26 mai prochain est un rendez-vous historique.
Oui, historique car depuis l'élection au suffrage universel en 1979, le Parlement européen peut pour la première fois connaitre une majorité de gauche autour des socialistes et les sociaux-démocrates et ce avec d'autres force de gauche et écologistes.
L'Europe peut changer. L'Union européenne peut porter de nouvelles politiques. Ne gâchons pas cette chance historique.
Chers camarades, le bulletin de vote LREM-Modem est donc un vote gâché, un vote inutile.
Les députés LREM-Modem seront dans un groupe minoritaire.
Votre voix peut donc ajouter un député supplémentaire LREM-Modem, certes, mais surtout empêcher le Parlement européen d'avoir une majorité de gauche et écologiste.
Seul le bulletin Envie d'Europe pourra être utile aux idéaux que nous portons nous les socialistes «dans et hors des mûrs » et construire une Europe qui protège et construit l'avenir des Européens.
Au nom de notre histoire et de nos combats passés et j'espère à venir, participons à travers notre vote du 26 mai à cette nouvelle majorité européenne.
Amitiés socialistes.

Rachid Temal
Militant et parlementaire socialiste

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19 avril 2019

Envie d'Europe.

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image43Envie_d'Europe.pdf

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21 mars 2019

« Soyons fiers d'ouvrir avec d'autres une espérance nouvelle à gauche »

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Cher.e camarade,


La division de la gauche et des écologistes est un tapis rouge déroulé sous les pieds des libéraux et des nationalistes. Dès août dernier, j’ai appelé à engager une démarche de rassemblement autour de combats communs de la gauche. 

La division nous impuissante collectivement quand le contexte politique nous commande de dépasser nos querelles, nos conflits, nos égos.
Notre responsabilité aujourd’hui est d’ouvrir la voie du rassemblement de tous les citoyens pro-européens, socialistes, écologistes, féministes, radicaux, progressistes, qui attendent de retrouver une force capable de porter leurs espérances. C’est le mandat que vous m’avez donné lors de notre dernier Conseil national en janvier. C’est ce à quoi j’ai œuvré ces derniers mois. 
Cette stratégie de rassemblement est la seule option qui permet de répondre à l’attente politique des Françaises et des Français : répondre au besoin de gauche en France et en Europe. C’est notre responsabilité.
Alors je lis et j’entends les doutes. Sans les partager, je peux les comprendre. Raphaël Glucksmann n’est pas socialiste ? C’est exact. Mais il incarne aujourd’hui la volonté de rassemblement autour d’une gauche qui n’accepte pas qu’on lui présente les désordres du monde comme une fatalité. 

Pourquoi ne pas se rassembler derrière un socialiste ? Parce qu’il n’est plus temps de donner la leçon, mais bien de donner l’exemple. Le rassemblement, tout le monde en parle mais chacun pose comme préalable d’être le premier. Le résultat, c’est que rien n’avance. Il faut avancer. Nous savons le faire localement, pourquoi ne pourrions-nous pas le porter nationalement ?

C’est une rupture avec le passé ? C’est vrai, ce n’est pas « comme avant ». Mais ce n’est pas un effacement. Notre ouverture aux autres est même la condition de notre renaissance. Ne craignons pas je ne sais quelle dilution de notre parti centenaire dans un jeune mouvement issu de la société civile. Gardons confiance en nous, en ce que nous sommes et ce que nous portons. 

Chers camarades, soyez fiers, fiers d’ouvrir avec d’autres une espérance nouvelle à gauche. Pour cela, il faut regrouper nos forces plutôt que d’offrir le spectacle d’un parti replié sur lui-même. Utilisons nos talents pour porter ce que nous sommes, pour faire campagne ensemble, pour convaincre ensemble !

Déjà, Nouvelle Donne avec Pierre Larrouturou, qui promeut, avec Jean Jouzel, le pacte finance-climat, et Aurore Lalucq, la porte-parole de Génération.s, ont décidé de nous rejoindre. D’autres suivront. La dynamique du rassemblement est enclenchée. Ce rassemblement peut conduire notre liste à être en tête de la gauche le 26 mai. 

 

Camarades, la campagne commence, je compte sur vous !

OLIVIER FAURE
Premier secrétaire du Parti socialiste

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16 mars 2019

Tribune contre la privatisation d'ADP

Tribune

Visuel signatures

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26 janvier 2019

Européennes2019 : "J'ai encore espoir pour que la raison l'emporte"

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste

 

Jeudi dernier, le Premier secrétaire Olivier Faure était l'invité de Nicolas Demorand et Léa Salamé dans la matinale de France Inter. Interrogé sur différents sujets, Olivier Faure a réaffirmé que le Parti socialiste s'investirait dans le grand débat national qu'il avait appelé de ses voeux dès novembre dernier et y verserait ses propositions afin d'infléchir la ligne du gouvernement. Quant aux élections européennes, le Parti socialiste continue sans relâche son travail en faveur d'un rassemblement de la gauche.

Revoir l'émission en replay vidéo-**

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07 décembre 2018

1948-2018 : que reste-t-il de la Déclaration universelle des droits de l’homme ?

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Par Dominique Rousseau, professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, directeur de l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (ISJPS) 6 décembre 2018 à 17:16

Comment le discours anti-droits de l’homme est-il devenu dominant ? Dominique Rousseau revient aux origines de la Déclaration et montre à quel point elle est le préalable à toute démocratie.

«Serions-nous aujourd’hui capables, en tant qu’Assemblée des nations, d’approuver comme, en 1948, [le 10 décembre, ndlr] la Déclaration universelle des droits de l’homme ?» demandait Angela Merkel au Forum de la paix réuni à Paris du 11 au 13 novembre. Pas sûr ! Et même si la chancelière allemande adopte le mode interrogatif pour adoucir son propos, sa question signe l’extraordinaire régression politique à l’œuvre sur tous les continents. En Europe de l’Est, comme en Amérique latine, des gouvernements d’extrême droite votent des lois qui restreignent les libertés individuelles et, en particulier, celles des femmes, la liberté de la presse, les libertés universitaires. Aux Etats-Unis, le Président excite les «sentiments» racistes, homophobes et misogynes. La liste est longue…

Le discours anti-droits de l’homme est devenu le discours dominant. La dissolution de la famille ? La faute aux droits de l’homme, qui auraient transformé ce qui était un collectif en une simple association d’individus possédant des droits égaux (ceux de la femme, des enfants, etc.). La difficulté des élus à gouverner ? La faute aux droits de l’homme qui, en permettant à chacun de demander droit à la santé ou à un logement, ne rendraient plus possible la construction d’une volonté générale. La légitimation de l’économie de marché ? La faute aux droits de l’homme ! La montée du populisme ? La faute aux droits de l’homme. En France aussi ce discours est soutenu par des intellectuels - les «amoureux du grenier», tournés vers le passé - qui ont oublié qu’au fronton de la Déclaration de 1789, il est écrit que «l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements».

Soixante-dix ans après la Déclaration universelle, il faut donc rappeler et encore rappeler que les droits de l’homme sont le code d’accès à la démocratie. D’abord, parce qu’ils constituent le citoyen qui est le référent de la démocratie. Quand, en effet, des hommes s’assemblent, cette réunion produit toujours la nécessité de règles qui fondent leur vie commune et organisent leurs rapports ; qui, pour reprendre l’article 2 de la Déclaration de 1789, les constituent en «association politique». Il n’est pas de société sans règles. Et, quand ces sociétés sortent de la religion et, plus généralement, de toute forme de transcendance où enraciner les règles d’intégration politique, le seul médium laïque qui reste pour «faire société», pour assurer le maintien, la maîtrise et le destin du collectif, c’est-à-dire, du politique et de l’histoire, c’est le droit. Dans les sociétés post-métaphysiques, sans droit pas de politique et pas d’histoire. Seulement le vide et l’anomie (1). Ainsi, en énonçant les droits de l’homme, la Déclaration de 1948 offre aux hommes de tous les pays la possibilité de «sortir» de leurs déterminations sociales, de ne plus se voir dans leurs différences sociales mais de se représenter comme des êtres de droit égaux entre eux, comme des citoyens du monde. La force propre du droit, écrivait Pierre Bourdieu, est d’instituer, c’est-à-dire de faire exister ou encore de donner vie, à ce qu’il nomme. Ainsi en est-il des droits de l’homme qui nomment le citoyen, et en le nommant le constitue - au sens premier du terme - citoyen sujet de droit. Le citoyen, en effet, n’est ni une donnée immédiate de la conscience ni une donnée naturelle. Il n’est pas une réalité objective, présent à lui-même, capable de se comprendre comme tel. Le citoyen est une création artificielle, très précisément, il est créé par les textes qui posent les droits qui le constituent.

Ensuite, les droits de l’homme sont le code d’accès à la démocratie en ce qu’ils mettent les hommes en relation les uns avec les autres - liberté d’aller et venir, liberté d’expression, etc. - pour construire les règles et ils ouvrent sur l’histoire car ils sont toujours devant nous, à découvrir et à réaliser : l’égalité proclamée en 1789, le logement proclamé en 1946, l’environnement sain proclamé en 2004 restent toujours des droits à venir et non des droits finis sous prétexte qu’ils auraient été proclamés en 1789, 1946 et 2004. Les droits de l’homme ne sont pas des libertés «fermées» mais des «libertés de rapport», selon l’expression de Claude Lefort (2). Lorsque l’article 6 de la Déclaration de 1789 reconnaît aux citoyens le droit de concourir à la formation de la loi, il invite les citoyens à entrer en relation les uns avec les autres pour définir la volonté générale. Lorsque l’article 4 définit la liberté comme le pouvoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, il invite les individus à prendre en considération l’existence et les droits de l’autre. Lorsque l’article 11 proclame la liberté de communication des pensées et des opinions, il invite moins l’individu à se replier sur lui-même qu’à s’ouvrir et à se mettre en rapport avec les autres hommes.

En d’autres termes, la Déclaration de 1789 fait éclater le système fermé des ordres de l’Ancien Régime et lui substitue un système ouvert. Ce qu’inaugurent les droits de l’homme n’est pas la constitution d’un espace privé dans lequel serait enfermé et s’enfermerait chaque individu mais au contraire la création d’un espace public dans lequel le corps et les idées de chaque homme pouvant circuler librement se confrontent nécessairement aux corps et aux idées des autres.

La distinction démocratique tient précisément dans cette interrogation continue sur les droits de l’homme. Les régimes totalitaires comme les régimes démocratiques «fonctionnent» sans doute au droit. Mais, alors que les premiers refusent, par principe, toute discussion sur le droit dont ils s’affirment seuls détenteurs légitimes, les seconds acceptent, par principe, la légitimité du débat sur les droits. La spécificité de la démocratie est de laisser la question des droits toujours ouverte puisque sa logique est de ne reconnaître aucun pouvoir, aucune autorité dont la légitimité ne puisse être discutée. Et, au centre de cette discussion, demeure constamment l’interrogation sur les revendications qui peuvent être qualifiées ou non de droits de l’homme.

«Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, écrit Camus, la révolte joue le même rôle que le cogito dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lien commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes (3).» Les droits de l’homme sont tous issus de la révolte et, en ce sens, ils portent le souci de tous les hommes, ils sont le lieu commun de tous les hommes, ils signent la solidarité de tous les hommes. Ils sont la part sans laquelle l’individu démocratique ne peut être et donc ne pourrait être la démocratie.

(1) Forgée par Durkheim, ce concept caractérise la situation où se trouvent les individus lorsque les règles sociales qui guident leurs conduites et leurs aspirations perdent leur pouvoir, sont incompatibles entre elles ou lorsque, minées par les changements sociaux, elles doivent céder la place à d’autres.

(2) Droits de l’homme et politique, de Claude Lefort, in Libre 7, Payot, 1980. (3) L’Homme révolté, d’Albert Camus, La Pléiade, 2008, p. 79.

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