image27La réforme constitutionnelle de 2008 portée par Nicolas Sarkozy permet dorénavant au Président de la République de réunir les deux chambres, Assemblée Nationale et Sénat, en Congrès pour s’exprimer devant les parlementaires. Jusque-là, le Congrès était uniquement réuni en vue de réviser la Constitution Française. 

 
Ce tropisme américain du Président Sarkozy a impacté le déséquilibre des pouvoirs déjà existant entre l'exécutif et le législatif.
 
La convocation du Congrès le 9 juillet prochain par l'actuel Président de la République interroge.
 
Elle est vécue, avec raison d'ailleurs, comme le fait du prince. Elle est sans ordre du jour, sans objectif, sans obligation, sans décision et sans vote. Il s'agit donc pour lui de venir disserter devant les parlementaires un après-midi durant.
 
Cette pratique dans l'exercice du pouvoir est bien différente de celle de son prédécesseur, qui lui, avait réuni le Congrès au lendemain d'attaques terroristes contre la France et les Français. François Hollande avait souhaité faire de ce moment, un moment d'unité nationale. Les parlementaires debout et applaudissant son intervention en était un symbole fort. 
 
Mais revenons à la décision de ce Président qui se veut tout puissant et sans contre-pouvoirs organisés.
 
Je me suis bien évidemment interrogé sur cette convocation pour convenance personnelle du Congrès.  
 
En tant que Sénateur, j'irai au Congrès de Versailles.
 
J'y siègerai parce que j'y représenterai mon département du Val d'Oise, ses grands électeurs, ses élus et collectivités locales et à travers eux les Valdoisiens.
 
J'y siégerai car je sais que ma voix, celle d'un homme de gauche, socialiste, européen, progressiste, humaniste, féministe, écologiste et laïc sera porté, fortement, par le Président de mon groupe au Sénat, Patrick Kanner. 
 
J'y siégerai parce que je crois en la force de notre régime démocratique, aujourd'hui attaqué par ce Président de la République qui veut s'arroger, au travers d'une réforme constitutionnelle pour convenance personnelle, tous les droits. Nous socialistes, nous entendons au contraire renforcer les droits des citoyens et des corps intermédiaires. 
 
Alors, Monsieur le Président de la République, je vous invite à cesser cette pratique consumériste du pouvoir.