07 novembre 2017

Castaner de rien ! Thomas Legrand

Christophe Castaner sera donc le secrétaire général de La République En Marche…

On a ironisé sur LR, son seul vrai candidat pour sa présidence et sa campagne sans débat. Et voilà que le parti censé rénover la politique fait pire. ChristActualitésophe Castaner n’est pas en cause. Au contraire, il représente un type d’élu de terrain, ayant eu une vie avant la politique, avec un parcours loin des trajectoires rectilignes de l’excellence qui éloignent parfois des réalités. Non, ce qui pose problème dans cette nomination c’est justement que cela en soit une ! À peine déguisée en approbation par acclamation. Macron a désigné Castaner. Le président «de tous les Français», supposé au-dessus des partis, nomme le Chef d’un parti. Il nomme son plus proche affidé qui ne fait pas mystère de son allégeance totale. 

Tous les présidents se sont intéressés de près au parti majoritaire, non ?

Oui, de Gaulle inclus, singeant le surplomb arbitral, alors qu’en douce il peaufinait l’organigramme du parti depuis l’Elysée. Pourtant ce n’est pas l’esprit de nos institutions : le président, directement élu par les Français, n’est pas le chef de la majorité, il n’est pas responsable devant le parlement mais devant tous les Français! Il devrait donc, une fois élu, se dégager de tous cadres partisans. Il n’en est rien et la pratique duplice est entrée dans les mœurs. Plus personne ne s’en émeut alors qu’elle nourrit la dé-crédibilisation de la politique. Il est frappant, par ailleurs, que LREM ne suscite pas plus de réflexion en son sein sur l’idéologie qu’elle entend véhiculer, l’utopie qu’elle voudrait proposer, la société qu’elle souhaite créer. En réalité, En Marche est un formidable outil de remplacement général du personnel politique. Mais le renouvellement des personnes -aussi indispensable soit-il- ne garantit pas celui des idées. A la décharge du macronisme, tout s’est passé vite et à l’envers. Normalement un parti se structure, s’enracine et après avoir imposé ses vues, accède, éventuellement, au pouvoir. Mais là c’est l’inverse ! LERM doit maintenant se définir, bien au-delà de ses seules vues à peu près claires, ses vues économiques. On en est toujours au même point depuis 6 mois. Qu’est-ce que le macronisme ? Même les macronistes ne peuvent pas répondre ! Vers où sont-ils En Marche ? Un parti qui a pour nom un moyen de locomotion ne dit pas où il va. Quelle est sa conception de la laïcité, de la sécurité, de l’écologie, de l’éducation, de l’immigration, comment agence-il liberté et égalité ? Pour la 1ère fois, on va voir un parti se structurer idéologiquement non pas en parlant au futur mais au présent. Et ça peut être passionnant parce que chaque idée sera confrontée, sur le champ, à sa faisabilité. Aucune idée démagogique, destinée à arriver au pouvoir, ne pourra être avancée, puisque LREM est déjà au pouvoir ! Cette situation est inédite et singulière. Ce parti peut demeurer une écurie, un fan-club idéologiquement vide, aveuglé par l’aura de son chef, ou alors un laboratoire innovant, une fabrique politique obligée de combiner (pour une fois !) le souhaitable au possible : LERM peut engendrer le pire ou le meilleur de la politique. Voilà ce qui pèse sur les épaules de Christophe Castaner.

Posté par PS95600 à - Permalien [#]