par Gérard Sebaoun
http://gerardsebaoun.fr/2015/03/carnet-de-voyage-dun-frondeur-a-lelysee/

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Je me suis rendu mercredi à l'Elysée au RDV fixé par le Président de la République, entre 2 séances en hémicycle sur le texte Fin de vie. Ni protocole, ni apéro, un verre d'eau sans cacahuètes et une réunion d'échanges directs et argumentés pendant 2 heures.

Les frondeurs ne sont pas des pleureuses conviées à l'enterrement de leurs idéaux socialistes. Membre du collectif ainsi nommé, je ne m'exprime jamais au-delà de prises de position internes et locales, mais j'adhère à la parole publique portée par les plus médiatisés d'entre nous. J'ai fait partie des sanctionnés d'octobre 2014 mais après deux mois de « pénitence illégitime » aux affaires étrangère, l'accord de Bruno Le Roux et sans aucun renoncement, j'ai regagné la commission des affaires sociales.

Si je m'exprime aujourd'hui, c'est pour deux raisons, la première tient aux » comptes rendus » de cette réunion lus dans la presse, entre supputations et pseudo-confidences. La seconde tient à la volonté de ne pas être instrumentalisé par un évènement gentiment médiatisé en amont et en aval.

Personne ne sait ce qui s'est dit au cours de cette réunion à l'exception des participants, comme personne n'ignore nos divergences largement exprimées sur la politique européenne, sur les choix économiques et sociaux, de l'absence de réforme fiscale ou de ciblage du CICE au pacte de responsabilité en passant par une vigilance extrême sur la protection sociale et le droit du travail.

Connues également les tensions nées au sein du groupe parlementaire depuis un an, tensions cristallisées parfois autour du tempérament impétueux du Premier Ministre qui rêve d'une majorité plus docile. Manuel Valls est dans son rôle, mais l'autorité ne remplace ni le débat, ni le dialogue indispensable à toute majorité, et le récent usage du 49-3 sur la loi Macron en est une illustration, même si les interprétations de ce choix restent ouvertes.

Nous sommes avant tout des militants politiques responsables, forts de nos convictions et ancrés dans les territoires. A la veille d'élections départementales que les sondages nous promettent désastreuses, nous sommes d'abord mobilisés autour de nos candidats pour convaincre notre électorat de ne pas se détourner et de ne pas s'abstenir contre la droite et l'extrême droite.

Le Président de la République s'honore d'écouter et de dialoguer directement avec tous les députés de la nation qui ont contribué à son élection, même s'ils expriment des doutes et des divergences sur la ligne suivie par le couple exécutif.

A titre personnel, n'ayant pas ni plan de carrière, ni plan B, je ne me résous pas à regarder impuissant notre majorité s'effriter et risquer la rupture, sans chercher tous les chemins du compromis et du rassemblement sans allégeance.