par Pierre BANGI www.pslavaur.com

Pourquoi cette intervention ?

À la demande du Mali, depuis vendredi 11 janvier, l’armée française intervient sur le territoire malien pour contrer l’avancée sur Bamako de groupes terroristes qui contrôlent depuis quelques mois le nord du pays.

L’urgence de la décision tient au fait qu’une offensive des groupes armés islamistes aurait eu pour conséquence leur prise du pouvoir sur l’ensemble du pays. Le nord du Mali est déjà depuis près d’un an sous le joug des fractions Ansardine et AQMI avec un début de déstabilisation de la région (prises d’otages, exactions sur la population, développement de camps d’entraînements internationaux).

L’expansion du narco-terrorisme islamiste dans la région nécessitait d’y mettre un coup d’arrêt.

Non, cette intervention n’est pas un retour à la Françafrique !

Cette opération se fait à la demande de l’État malien dont les capacités militaires ne permettent pas de faire face à des groupes entraînés et lourdement armés. En France, les principaux responsables politiques ont apporté leur soutien à la décision du président de la République. La communauté internationale approuve l’initiative française qui prépare la mobilisation des forces africaines dans la zone (soutien du Conseil de sécurité de l’ONU le 14 janvier).

Oui, le rôle de la France est bien défini !


Oui, le rôle de la France est bien défini !

La France a pour mission de « contenir » et « repousser » les groupes armés en mouvement. La sécurisation et la pacification totale de la zone se feront avec les forces africaines. La planification totale de l’opération ne se fera qu’après la fin de la première offensive qui a pour objectif de stopper l’avancée des groupes islamistes.

Bilan de la mobilisation internationale

Neuf pays africains ont confirmé leur participation à la Misma. Nous pouvons valoriser le travail important de préparation entamé depuis six mois qui va permettre le déploiement d’une force africaine dans des délais records. Les contingents promis sont les suivants, par ordre de taille : Tchad (jusqu’à 2 000 hommes), Nigeria (900, contre 600 prévus au départ, dont 150 déjà déployés), Togo (540, 500 prévus) Niger (500, comme prévu, chiffre qui pourrait augmenter en cas de besoin selon Issoufou), Burkina Faso (500, contre 300 prévus), Sénégal (450), Bénin (300, contre 150 prévus), Ghana (180, 150 prévus), et Guinée (145). Le total théorique serait donc de 5 515 hommes. Même si certains engagements ne devaient pas être réalisés à 100 %, on peut donc parler d’une bonne anticipation et d’un travail diplomatique qui porte ses fruits et aura permis une accélération et une expansion très rapide des moyens mis en oeuvre.

En matière de soutiens eur-atlantiques, six pays apportent déjà une aide au Mali et à la France : le Royaume-Uni, les États-Unis, le Danemark, la Belgique, l’Allemagne et le Canada. Le Maroc et l’Algérie ont donné des autorisations de survol. Enfin, la Belgique, qui a déjà mis deux avions de transport et des hélicoptères médicalisés à disposition, pourrait envoyer 70 à 80 hommes au sol pour soutenir logistiquement l’opération

Aujourd’hui, jeudi 17 janvier, l’Union Européenne a lancé sa mission de formation de l’armée malienne, dont le commandement (Général Lecointre) sera à Bamako dans les deux jours. Là encore, ce sont six mois de préparation qui permettent de déclencher cette mission avec une telle réactivité. Cette mission de formation européenne représente un élément important de notre stratégie de sortie : les Maliens doivent pouvoir, à terme, assurer la sécurité de leur territoire.

Et après ?

François Hollande a indiqué le 15 janvier que la sortie de cette crise ne peut être que politique, par l’expression de la démocratie malienne et avec le soutien, notamment en termes de

développement, de l’Union européenne. Le PS a appelé « l’Union européenne à accélérer la planification et l’arrivée d’instructeurs prévus pour former l’armée malienne, avant son offensive qui permettra au Mali de recouvrir définitivement l’intégrité et la souveraineté sur son territoire national ».