Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution.

 

« Développer des filières de qualité et répondre aux objectifs de durabilité »

Stéphane Le Foll, responsable de l’organisation de la campagne du candidat, revient sur le déplacement de François Hollande en Mayenne et en Sarthe consacré à l’agriculture. Ce secteur, très touché par la crise, doit être soutenu et réorganisé pour répondre aux défis économiques et environnementaux.

Comment expliquer que la France ait perdu sa place de première puissance agricole en Europe ?

Elle a perdu sa place car, depuis 10 ans, les choix politiques français n’ont pas permis de réagir et de donner priorité aux secteurs traditionnellement forts de l’industrie et de l’agriculture. L’Allemagne nous a donc dépassés depuis 5 ans, grâce à la mise en œuvre d’une politique beaucoup plus intense et claire dans le secteur agricole.

 

François Hollande s’est déplacé en Mayenne et en Sarthe pour rencontrer les agriculteurs. Quelle est la situation des agriculteurs aujourd’hui ?

Ils ont traversé une crise extrêmement dure en 2008-2009. Si aujourd’hui le prix des matières agricoles se tiennent un peu mieux, ils sont toujours dans une situation de fragilité. Ainsi de nombreux agriculteurs connaissent a de grandes difficultés financières et leurs revenus ont largement chuté. On ne peut donc pas dire, malgré un petit mieux, que l’agriculture se porte bien aujourd’hui. Il faut d’ailleurs y porter toute notre attention au niveau européen et national en régulant les marchés et les productions, en faisant en sorte que les agriculteurs s’organisent, et en préparant les enjeux d’avenir, économiques et écologiques en particulier.

 

Quelle agriculture souhaite promouvoir François Hollande ? 

François Hollande  souhaite une réaction forte. Il faut être en capacité de maintenir et de renforcer la diversité de l’agriculture française en termes de production ou d’organisation. Ça va des circuits de proximité aux circuits régionaux, nationaux, européens et, bien sûr, internationaux. Il s’agit de promouvoir l’ensemble des cultures et des élevages français. A partir de cette diversité, l’enjeu pour François Hollande est de développer des filières de qualité, de mettre en place des mesures afin d’avoir une production à forte valeur ajoutée, tout en répondant à des objectifs forts de durabilité. Et il fait notamment une proposition qui consistera à permettre aux agriculteurs de s’organiser pour pouvoir répondre aux défis économiques et environnementaux.  Il souhaite un renforcement des organisations professionnelles afin de favoriser la création de groupements qui permettent aux agriculteurs d’assurer de manière plus collective les investissements, les réorganisations de modèles de production, et autres efforts communs qui se portent sur les exploitations agricoles.

 

Une réforme de la Politique agricole commune (PAC) est-elle envisagée ?

Elle est déjà en discussion actuellement. La Commission européenne a proposé une réforme pour l’après 2014. Il faudra être vigilant sur trois points. Le premier c’est de fournir un budget de l’agriculture qui soit à la hauteur des défis en matière de sécurité alimentaire et de sécurité environnementale. Deuxièmement, la réforme devra garantir une architecture de cette politique agricole qui permette à la fois d’assurer le développement économique des productions et d’en assurer le développement durable. Il faudra aussi être très clairs sur la nécessité de garder des mécanismes de régulation des marchés qui soient efficaces.